Cannabis ruderalis : la sauvage qui a donné naissance aux autos
CULTURE

Cannabis ruderalis : la sauvage qui a donné naissance aux autos

Petite, rustique et indifférente aux heures de lumière : d’où vient la ruderalis, ce qu’elle a changé pour les growers, et comment faire germer une auto.

PAR Rédaction CosechaLibre7 MIN DE LECTURE

Quelle différence entre sativa, indica et ruderalis ?

La ruderalis est la troisième sous-espèce du cannabis, à côté de la sativa et de l’indica : petite, peu chargée en THC et capable de fleurir sans dépendre des heures de lumière. C’est elle qu’on a croisée avec des indicas et des sativas pour créer les autofloraisons. Les trois se distinguent surtout par leur origine géographique, leur façon de pousser et leurs effets, chacune avec ses traits bien à elle.

La Cannabis sativa vient des climats tropicaux et subtropicaux ; elle pousse haute et fine, avec des feuilles longues et étroites. On la dit souvent riche en THC, avec des effets psychoactifs plus énergiques et euphoriques. Elle a la réputation de stimuler la créativité et l’envie de parler, idéale pour la journée.

La Cannabis indica, elle, vient de régions montagneuses aux climats plus froids. Elle est plus petite et trapue, avec des feuilles plus larges et compactes. On lit souvent que l’indica contient plus de CBD que la sativa (même si ça varie énormément d’une variété à l’autre), et on lui associe des effets plus relaxants et sédatifs, parfaits pour décompresser et faire retomber le stress et les tensions.

Quant à la Cannabis ruderalis, elle est moins connue et se distingue par sa capacité à fleurir indépendamment de la photopériode. Autrement dit, elle n’attend pas un changement dans les heures de lumière pour lancer sa floraison, contrairement aux sativas et aux indicas. On la trouve surtout dans les régions de hautes latitudes de l’hémisphère Nord, et c’est elle qui a servi à créer les variétés autofloraison.

Bref, sativa, indica et ruderalis se distinguent par leur origine, leur croissance, leur teneur en cannabinoïdes et leurs effets. La sativa est réputée stimulante et énergisante, l’indica relaxante et sédative, et la ruderalis brille par sa floraison automatique. Chacune a ses atouts, et c’est ce qui explique l’énorme diversité de cultures et de variétés qu’on trouve aujourd’hui.

C’est quoi, le cannabis ruderalis ?

Le cannabis ruderalis est une sous-espèce du chanvre qui pousse surtout dans des zones froides comme l’Europe de l’Est, l’Asie centrale et d’autres régions au climat franchement hostile pour la weed. Il se reconnaît à sa petite taille et à son faible taux de THC, mais aussi à sa capacité à fleurir automatiquement, quelle que soit la lumière reçue.

En croisant la ruderalis avec des indicas ou des sativas, on obtient des plantes dites autofloraisons, qui commencent à fleurir entre la deuxième et la quatrième semaine de croissance, quelle que soit la lumière reçue (la photopériode).

C’est pour ça, entre autres, que beaucoup de banques de graines se sont concentrées sur la création de graines autofloraison.

L’autofloraison est un phénomène unique et rare. Elle apparaît quand les breeders qui travaillent les variétés classiques de Cannabis indica ou sativa y intègrent de la génétique de Cannabis ruderalis.

Les indicas et les sativas pures dépendent de la photopériode (le rapport entre les heures de jour et de nuit auxquelles elles sont exposées) pour fleurir, alors que les ruderalis, presque jamais.

Les avantages des autofloraisons

  • Les graines autofloraison offrent au grower d’extérieur des cultures faciles et rapides. Et tu peux enchaîner des cultures entières d’autos pendant que tes photopériodiques poussent ou sont en floraison. En Argentine, cultiver des autos en extérieur est possible grâce au REPROCANN, le registre argentin du cannabis médical.
  • Elles restent petites (1 mètre maximum environ), ce qui les rend très discrètes en extérieur, sur une terrasse, un balcon ou une véranda.
  • Si le climat le permet (des minimales toujours au-dessus de 10 °C), tu peux cultiver des autos en extérieur toute l’année.
  • Comme leur croissance est rapide et courte, elles sont moins exposées aux nuisibles.
  • En extérieur, tu verras qu’elles résistent mieux au froid, même si elles préfèrent les climats tempérés.

Les inconvénients des autofloraisons

  • En intérieur, des graines féminisées photopériodiques à floraison rapide peuvent égaler la durée de culture d’une auto, avec une meilleure qualité et une plus grosse récolte.
  • Comme elles ne réagissent pas à la photopériode, tu ne peux conserver aucune génétique auto : pas de pied mère, pas de boutures.
  • Les autos contiennent moins de cannabinoïdes que la même génétique en version photopériodique.

Comment faire germer des graines autofloraison ?

Faire germer la graine :

Pour ça, il te faut une méthode de germination et une des nombreuses graines que tu trouveras sur notre boutique, en Argentine.

Préparer les pots :

Une fois les graines germées, prépare des petits pots de 7 × 7 cm remplis de terre, où la racine peut pousser sans obstacle. L’idéal est d’éviter de faire germer les graines dans un Jiffy (une pastille de tourbe).

Commence par remplir les pots de terre puis arrose-les, et bien, parce que tu ne devras plus mouiller tant que la plante n’est pas sortie. Si tu arroses avant que la graine soit sortie, elle risque de bouger, de remonter à la surface, de s’enfoncer trop ou de brûler en sortant si la terre est détrempée.

Enterrer la graine :

Enterre la graine à une profondeur d’un demi à un centimètre, en faisant un trou avec un stylo ou n’importe quoi de ce genre. Pose la graine dedans, racine vers le bas. Recouvre d’un peu de terre sans trop tasser, et laisse-la tranquille jusqu’à ce qu’elle sorte enfin du pot.

L’idéal est de laisser 24 h de lumière pendant cette étape, jusqu’au rempotage dans le pot définitif. Si tu n’as pas de lampe, donne-lui le maximum de lumière possible et veille à ce que le pot n’ait pas froid.

Maintenant, patience :

Attends qu’elle sorte de terre et fasse la petite poussée typique des jeunes plants de cannabis qui cherchent la lumière. Ça prend quatre ou cinq jours, pas beaucoup plus, et il faut être très attentif pour ne pas dépasser le moment. Surveille bien à ce stade pour que la plante ne commence pas à se développer dans ce petit pot.

Passer au pot définitif :

Remplis ton pot définitif de terre jusqu’en haut, bien tassée pour qu’elle ne s’affaisse pas trop à l’arrosage ; mais si tu la compresses trop, il n’y aura pas assez d’oxygène et les racines ne seront pas saines. Il faut tasser juste ce qu’il faut, et ça aussi, ça s’apprend avec le temps. L’éclairage idéal : 20 h de lumière jusqu’à la fin, ou le maximum d’heures de soleil possible.

Une fois le pot définitif rempli, fais un trou pour y mettre ta plante du petit pot, assez profond, parce qu’on l’enterre avec la tige et tout. Ensuite, arrose petit à petit et par les bords, pour bien imbiber la terre.

Quel pH pour une autofloraison ?

Le pH du sol détermine la capacité des plantes à absorber les engrais qu’il contient. S’il est trop élevé (alcalin) ou trop bas (acide), les nutriments peuvent se bloquer et la plante aura des carences. Le cannabis pousse le mieux dans un sol au pH compris entre 6,0 et 6,5.

Quel substrat pour les autofloraisons ?

Pour cultiver tes graines autofloraison, choisis un bon substrat, de qualité et bien aéré.

En général, le terreau contient déjà de la fibre de coco, mais tu peux en ajouter (30 à 50 %) pour aérer encore plus le substrat.

Tu peux aussi cultiver directement dans du coco, mais n’oublie pas que c’est un substrat inerte : il faudra nourrir la plante dès le début de la culture.