
Cannabis sativa et cicatrisation : ce que la plante fait sur les plaies
Des onguents égyptiens aux études sur l’anandamide : pourquoi le cannabis intéresse la recherche sur la réparation de la peau.
Sur la peau abîmée, le cannabis sativa pourrait aider à cicatriser : ses cannabinoïdes et ses terpènes ont des propriétés anti-inflammatoires, antidouleur et antioxydantes, et le système endocannabinoïde intervient à chaque étape de la réparation des tissus. Utilisé depuis l’Antiquité sur les plaies, son usage thérapeutique fait aujourd’hui l’objet de recherches, mais encore surtout chez l’animal ou à un stade préliminaire.
Des petites écorchures aux plaies plus sérieuses, des études suggèrent que le cannabis pourrait accélérer la guérison et favoriser la régénération de la peau. Ses composés actifs pourraient réduire l’inflammation, calmer la douleur et protéger la peau lésée contre le stress oxydatif.
À mesure que la recherche explore les mécanismes derrière ces effets, son usage en médecine régénérative et dans le soin des plaies suscite de plus en plus d’intérêt. On fait le point sur le potentiel de cette plante ancestrale et sur ce qu’on en sait aujourd’hui.

Le cannabis et la cicatrisation des plaies : une longue histoire
Depuis l’aube de la civilisation, le cannabis sativa est apprécié pour ses vertus médicinales, en particulier pour soigner les plaies et les lésions de la peau. Tout au long de l’histoire, de nombreuses cultures ont reconnu et exploité les atouts de cette plante polyvalente.
Dans l’Égypte ancienne, les textes médicaux mentionnent des onguents au cannabis pour traiter coupures, éraflures et brûlures. Les papyrus égyptiens décrivent l’application de mélanges de cannabis et de graisse comme antiseptiques sur les plaies. En Grèce antique, des auteurs du Ier siècle racontaient l’usage du cannabis pour soigner plaies et ulcères chez les chevaux, et pour arrêter les saignements de nez chez l’humain.
Au XVIe siècle, des herboristes comme Ruellius en France et Tabernaemontanus en Allemagne recommandaient des extraits de cannabis contre les plaies et les brûlures. Ce savoir s’est transmis jusqu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, quand Nicholas Culpeper en Angleterre puis Thomas Short, dans sa Medicina Britannica, ont vanté les propriétés antiseptiques de l’huile et de la crème de cannabis contre les brûlures, les piqûres d’insectes et les ulcères.
Cet héritage montre à quel point le cannabis et la cicatrisation sont liés depuis longtemps, une tradition qui a traversé les millénaires et continue d’inspirer la recherche scientifique aujourd’hui.
Que dit la recherche récente sur le cannabis et la cicatrisation ?
Dans leur quête de solutions nouvelles pour mieux cicatriser, les scientifiques explorent le potentiel du cannabis et de ses dérivés. Des études récentes suggèrent que des préparations de cannabis médical pourraient réduire la douleur, l’inflammation et le gonflement liés aux coupures et aux brûlures, et aider la peau à se réparer.
Les données s’accumulent sur plusieurs aspects de la cicatrisation. Le cannabis semble avoir des propriétés antidouleur, anti-inflammatoires et antiseptiques, ce qui en fait un candidat prometteur pour aider la peau à se remettre de ses lésions. On a aussi découvert que le système endocannabinoïde, sur lequel agissent les composés actifs du cannabis, joue un rôle clé dans la cicatrisation.
Le système endocannabinoïde est très actif à toutes les étapes de la cicatrisation. Après une blessure, le taux d’anandamide, un neurotransmetteur endocannabinoïde, augmente dans les tissus touchés, ce qui a un effet antidouleur via les récepteurs cannabinoïdes CB₁ des nerfs périphériques.
Que disent les études sur la crème au cannabis ?
Des études chez l’animal ont montré qu’agir sur ces récepteurs peut renforcer encore l’effet antidouleur, comme avec le composé de synthèse URB937, qui a fait grimper le taux d’anandamide et amélioré la réponse antidouleur.
La recherche a aussi montré que l’expression des récepteurs CB₁ change au niveau de la lésion, ce qui suggère qu’ils participent à l’inflammation et à la réponse immunitaire pendant la cicatrisation. Cette hausse coïncide avec la phase inflammatoire du début et se prolonge pendant la phase de multiplication des cellules, signe qu’ils contribuent en continu à la régénération des tissus.
Les mécanismes exacts ne sont pas encore totalement compris, mais tout indique que l’interaction entre l’anandamide et les récepteurs CB₁ joue un rôle important dans la cicatrisation.

Ces découvertes prometteuses ouvrent des pistes en médecine régénérative et en dermatologie, où la crème au cannabis et ses composants pourraient améliorer les soins pour la cicatrisation.
Plus on comprend cette interaction entre cannabis et cicatrisation, plus on peut espérer de nouvelles thérapies utiles à beaucoup de monde.
L’huile de graines de chanvre pour cicatriser
L’huile de chanvre, surtout celle pressée à partir des graines, est devenue populaire comme remède naturel pour les plaies, grâce à son excellent profil en acides gras essentiels oméga-3 et oméga-6, indispensables à la santé.
Les graines de chanvre ne contiennent pas de cannabinoïdes en quantité notable, mais leur composition équilibrée en nutriments en fait une option intéressante pour les brûlures, coupures et autres lésions externes.
Les études formelles sur l’usage des graines de chanvre sur les plaies sont rares, mais les premières recherches suggèrent que leurs acides gras essentiels pourraient jouer un rôle dans la guérison et la cicatrisation. Un essai clinique sur l’huile de graines de chanvre a aussi montré qu’elle pourrait améliorer la cicatrisation des muqueuses après une opération, par exemple des yeux, du nez ou de la gorge.
L’huile de graines de chanvre comme les préparations riches en cannabinoïdes, dont le CBD, peuvent être des options pour les lésions de la peau. Beaucoup d’huiles de CBD à spectre complet contiennent plusieurs phytocannabinoïdes intéressants, comme le CBD, le CBC, le CBG et le CBN, étudiés pour leurs propriétés thérapeutiques.
Et pour les blessures internes, le cannabis médical peut-il aider ?
Pour les lésions des tissus ou des organes internes, les cannabinoïdes montrent aussi un potentiel, mais il faudra plus de recherches pour mettre au point des traitements précis. Le système endocannabinoïde est complexe : il faut trouver les bonnes doses et les bons ratios de cannabinoïdes pour éviter les effets indésirables et tirer le maximum des bénéfices.
Avec une approche prudente et fondée sur les preuves, les cannabinoïdes pourraient apporter de nouvelles solutions pour soigner les plaies. En attendant, une plaie profonde ou qui ne cicatrise pas, c’est direction le médecin.
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