
Champignons du cannabis : les 8 maladies de l’humidité qui flinguent une culture
Botrytis, oïdium, mildiou, fusarium, pythium, rouille, fumagine, pourriture des racines : comment les reconnaître et les tenir à distance.
Les champignons qui attaquent le cannabis quand l’humidité grimpe sont surtout le botrytis, l’oïdium, le mildiou, le fusarium, le pythium, la rouille, la fumagine et la pourriture des racines ; presque tous les growers ont déjà trouvé de la beuh couverte de champignons dans leur culture. Les dégâts peuvent être catastrophiques et, si tu ne réagis pas à temps, tu risques de perdre tout le fruit de ton travail. La meilleure défense reste la prévention : bonne aération, humidité maîtrisée et culture propre.
C’est quoi, un champignon ?
Les champignons, membres primitifs du règne Fungi, sont des organismes eucaryotes, c’est-à-dire aux cellules dotées d’un noyau, qui se reproduisent par spores et prolifèrent dans les endroits chauds, sombres et humides. Les spores flottent dans l’air en attendant des conditions favorables pour germer, et manque de bol, ces conditions ressemblent souvent à celles dont les plantes ont besoin : obscurité, chaleur et humidité. C’est pour ça que les champignons se plaisent autant dans une culture.
Certains champignons se multiplient à une vitesse folle et peuvent contaminer toute une culture en quelques jours. D’où l’importance de la prévention. Et si la prévention ne suffit pas et que les champignons s’installent sur ton cannabis, il faut les repérer tôt et agir vite pour limiter la casse et sauver la récolte.
BOTRYTIS
Le botrytis, ou pourriture grise, apparaît souvent sur des plantes attaquées par des chenilles, même si elles ne sont pas indispensables : ces insectes creusent des trous dans les têtes et lui ouvrent la porte. Les têtes pourrissent de l’intérieur et prennent une couleur marron, comme si elles gardaient toute l’humidité à l’intérieur. Il frappe surtout les variétés récoltées à partir d’octobre, à cause des pluies et de l’humidité d’automne.
Une fois installé, il peut flinguer une bonne partie de la récolte. Même si tu enlèves toutes les parties touchées visibles, ses spores ont sans doute déjà contaminé presque tout le reste. Il se propage très facilement, même sur des têtes déjà sèches : quand tu trouves du botrytis sur une tête, on coupe en général toute la branche pour l’empêcher de s’étendre. Le fumer est vraiment dangereux pour la santé, parce que les spores vont direct dans les poumons et peuvent causer de graves problèmes respiratoires.

L’OÏDIUM SUR LES TÊTES
L’oïdium est aussi un des champignons les plus courants sur les plantes de cannabis en culture.
Il se repère assez facilement : au début, il forme une poudre blanche, en général sur le limbe de la feuille, puis il s’étend petit à petit jusqu’à la tige et aux fleurs. Quand l’oïdium est bien installé, les feuilles jaunissent et tombent.
C’est un champignon qui aime l’humidité et la chaleur : il se dépose sur les feuilles et pompe les nutriments de la plante avec ses hyphes, les filaments qui lui servent de racines.
Il n’est pas particulièrement destructeur, mais il est très courant, et si tu ne le contrôles pas à temps et qu’il atteint les têtes, il faudra les jeter : comme celles touchées par le botrytis, elles ne se consomment sous aucune forme, parce qu’elles sont mauvaises pour la santé.
MILDIOU
Le mildiou est connu et redouté par les growers du monde entier. C’est un pathogène très agressif, qui prolifère quand la température passe sous les 26 °C et que l’humidité dépasse les 50 %.
Il peut apparaître en croissance comme en floraison, mais il préfère les jeunes feuilles. Il se manifeste par des taches jaunes et marron sur les feuilles et, en se propageant, il fait pâlir toute la culture.
Il se répand à une vitesse folle et, après avoir fait tomber les feuilles, il finit par tuer la plante. Il se développe à partir de la matière végétale de la culture elle-même, et la meilleure façon de l’éviter, c’est la prévention.
FUSARIUM
Le fusarium est un champignon au gros potentiel destructeur. On le croise surtout en indoor et en serre, là où il fait plus chaud.
Il arrive en général par l’eau, le substrat, des outils ou des boutures contaminés.
Il s’attaque au xylème de la plante, le tissu qui transporte l’eau et la sève brute, bloque le flux de nutriments et affaiblit gravement la plante.
Ça commence par le jaunissement des feuilles du bas, puis viennent une chlorose entre les nervures, la nécrose et la chute des feuilles, et enfin la plante flétrit. Il peut ne toucher qu’une partie de la plante, selon par où il est entré. Tout va très vite et la plante meurt en un rien de temps.
Pour repérer le fusarium, regarde l’intérieur des tiges : il vire au brun rougeâtre.

PYTHIUM
Le pythium s’installe dans les racines et empêche presque complètement la plante de se nourrir. Il l’affaiblit petit à petit jusqu’à la tuer. Il peut toucher des plantes de tout âge et de toute taille, et les plus jeunes sont trop fragiles pour y résister.
Ses spores se transmettent au contact de substrats contaminés, ou même par du mycélium ramené sous tes chaussures. Il se développe quand la température est comprise entre 20 et 30 °C et que l’humidité est élevée.
En abîmant les racines, il provoque une grosse faiblesse et des carences. Dans les systèmes où les racines sont à l’air, comme l’hydro ou l’aéro, tu les vois changer de couleur : elles passent du blanc classique au marron foncé, voire au rouge.
Une bonne façon de le combattre, c’est de renforcer la vie microbienne du substrat avec des trichodermas et des mycorhizes, des champignons bénéfiques qui occupent le terrain. Ça peut freiner sa propagation, surtout si tu boostes cette vie microbienne avant qu’il n’arrive dans ta culture.
ROUILLE
La rouille est un des champignons du cannabis qui se transmettent le plus facilement, parce qu’elle traverse l’épiderme et la cuticule : un simple contact suffit pour l’attraper.
Elle se présente sous forme de taches jaunâtres sur le dessus des feuilles, en partant de la pointe. Au revers, des points rouges et marron apparaissent une fois que le champignon est bien installé, puis de légères déformations des feuilles.
Malgré son potentiel destructeur, si tu la traites à temps, tu peux éviter qu’elle se propage. Elle apparaît quand ta culture est dans une zone très humide et mal ventilée. Le mieux est de te débarrasser des feuilles ou des plantes touchées et d’appliquer un fongicide pour l’empêcher de s’étendre.
FUMAGINE
La fumagine est un champignon qui se développe sur une substance collante, le miellat, rejetée par certains insectes comme les pucerons ou les aleurodes (mouches blanches). C’est ce miellat qui provoque son apparition.
La fumagine se voit à l’œil nu : les feuilles se couvrent de taches noires. Cette moisissure gêne la photosynthèse, avec les problèmes de développement qui vont avec : croissance ralentie, perte de vigueur et récolte plus maigre.
POURRITURE DES RACINES
La pourriture des racines, comme son nom l’indique, est une maladie fongique qui attaque les racines : leur blanc typique passe à un marron clair, qui fonce à mesure que la maladie avance.
Les symptômes : chlorose et jaunissement des feuilles, chute des feuilles, flétrissement, affaiblissement général de la plante et, au bout du compte, la mort.
Elle vient en général d’un excès d’arrosage, d’un mauvais drainage ou de petits insectes et autres organismes qui abîment les racines et déclenchent la décomposition.
Comment prévenir les champignons en culture outdoor
- Garde ton jardin propre : ramasse les feuilles et les mauvaises herbes qui s’accumulent au sol.
- Si tu cultives en pot, mets tes plantes à l’abri quand il pleut pendant la floraison, pour éviter que l’humidité s’installe dans les têtes.
- Si tu vis dans un coin froid avec des étés courts, choisis des génétiques à floraison rapide comme la Jamaican Dream, pour ne pas étirer la récolte jusqu’aux pluies et au mauvais temps d’automne qui attirent les champignons.
- Inspecte régulièrement tes plantes pour repérer les premiers symptômes.
Comment prévenir les champignons en culture indoor
- Évite les poches d’humidité dans ta culture et assure-toi qu’elle soit bien ventilée.
- Nettoie ta culture et garde les bacs de ta box libres de feuilles mortes.
- Laisse assez d’espace entre les plantes pour que l’air circule bien.
- Garde l’humidité entre 40 % et 50 % pendant la floraison.
- Inspecte tes plantes régulièrement.
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