
Croisement de cannabis maison : pinceau, spray, sachet ou bouture, 4 façons de polliniser
Isoler le bon mâle, garder son pollen, choisir sa méthode, puis mener la branche pollinisée jusqu’aux graines mûres : le croisement maison de A à Z.
Comment faire un croisement de cannabis chez soi ?
Pour faire un croisement, il te faut un mâle d’une variété et une femelle d’une autre : tu isoles le mâle, tu récupères son pollen et tu le déposes sur une ou deux têtes de la femelle, au pinceau, au spray, dans un sachet ou en laissant faire la nature. Le bon moment, c’est quand les femelles sont en pleine floraison mais qu’il reste encore plus d’un mois avant la récolte. Ensuite, compte six à sept semaines pour que les graines soient mûres.
Le créneau idéal, c’est donc la pleine floraison, avec encore plus d’un mois devant toi avant la récolte des variétés les plus précoces. Si tu tombes sur un mâle, ou si un pote peut te dépanner d’un peu de pollen, c’est le moment.
Les hybrides, nés du croisement de deux variétés de cannabis, sont de nouvelles variétés avec leurs propres qualités : de nouveaux goûts, des effets différents, d’autres morphologies. Le meilleur, c’est que le résultat peut être très varié, et parfois une vraie découverte pour le palais.
Les hybrides modernes sont le fruit d’un long et dur travail de sélection, mené pour créer une variété nouvelle qui montre des traits différents ou améliorés. Autrement dit, ils sont créés dans un seul but : renforcer ce qu’on aime dans le cannabis, que ce soit le goût, l’effet, sa durée, l’adaptation au milieu, le cycle de vie ou autre chose.
D’habitude, les growers ne gardent que des femelles pour avoir une récolte sans graines. La présence d’un mâle dans la culture, ou juste à côté, suffit pour que le pollen féconde une partie ou la totalité des fleurs femelles. Et là, la surprise n’est pas terrible : des graines plein les têtes.
Fumer de la beuh pleine de graines, c’est pas agréable. Quand tu les vois, elles s’enlèvent facilement, mais sinon, au moment de passer l’herbe au grinder, ça peut vite tourner au carnage : l’enveloppe des graines laisse un goût horrible et te gâche une tête qui aurait pu être délicieuse.
Première chose pour éviter ça : repérer les mâles à temps et les virer, sauf si tu veux justement récupérer quelques graines pour tes prochaines cultures. Dans ce cas, voilà comment t’y prendre sans galérer.
Préparer le croisement : isoler et choisir le mâle
D’abord, dès que tu as au moins une plante de chaque sexe, isole le mâle. Les fleurs mâles se développent vite et, en quelques jours, elles s’ouvrent et lâchent tout leur pollen, ce qu’il faut absolument éviter. Pour obtenir quelques graines, polliniser une ou deux têtes suffit largement.
Pour commencer, choisis ton meilleur mâle. En général, les mâles entrent en floraison et montrent leurs préfleurs plus tôt que les femelles : c’est leur façon de s’assurer que, quand leurs fleurs seront mûres et ouvriront leurs sépales pour libérer le pollen des étamines, les femelles seront en pleine floraison, avec un maximum de calices.

Dans la nature, ça se passe à partir de la troisième ou quatrième semaine de floraison des femelles. Mais comme il ne faut pas que le mâle arrose de pollen tout ton jardin, on te conseille de le mettre dans un espace fermé, chez toi ou ailleurs, derrière une fenêtre et sans trop de courants d’air. À ce stade, peu importe si l’éclairage n’est pas idéal : les fleurs vont continuer à se développer et, dès que tu as récupéré un peu de pollen, tu peux dire adieu au mâle, le couper, le mettre dans un sac plastique bien fermé et le jeter à la poubelle.
Il peut arriver que le mâle aille plus vite que les femelles, qu’elles ne soient pas encore à 3 ou 4 semaines de floraison et n’aient pas encore de têtes d’une bonne taille. Dans ce cas, la solution peut être de tailler un peu le mâle : tu enlèves les fleurs les plus avancées, sur le point de s’ouvrir, en gardant toujours quelques fleurs à un stade intermédiaire.
Récolter le pollen et choisir sa méthode de pollinisation
Le pollen se garde 3 à 4 jours après l’avoir sorti des fleurs mâles, ensuite il commence à perdre sa fertilité. Tu peux aussi le congeler, et l’avantage
c’est qu’il tient plus longtemps : il suffit de le laisser revenir à température ambiante pour qu’il soit de nouveau parfaitement viable pour tes croisements.
Récolter le pollen, c’est plutôt simple : dès que tu vois une fleur ouverte, mets un petit pot en dessous et tapote-la pour qu’elle lâche une fine poudre jaune. Autre option : couper quelques fleurs encore fermées et les laisser dans un endroit sec. En 24 à 48 heures, elles se seront ouvertes et quelques petits coups suffiront pour récupérer le pollen.
Le bon côté de cette étape, c’est qu’il existe plusieurs façons de polliniser, toutes aussi efficaces : prends celle qui te paraît la plus pratique. En voici quelques-unes :
Pinceau : tu récupères le pollen dans un pot. Si possible, tu couvres toute la plante d’un sac plastique en laissant dépasser une branche du bas, celle que tu vas utiliser. Tu trempes délicatement le pinceau dans le pollen, puis tu le passes et le secoues sur la tête.
Spray : tu mélanges le pollen récolté avec de l’eau distillée et tu le mets dans un petit vaporisateur. Comme pour le pinceau, tu couvres la plante en laissant une branche dehors, et tu pulvérises jusqu’à bien mouiller toute la tête.
Sachet : tu mets le pollen dans un sachet, idéalement un sachet zip, plus facile à fermer. Tu glisses délicatement une tête de la plante dedans, tu fermes en serrant autour de la branche et tu secoues doucement pour que le pollen imprègne la tête.
Pollinisation naturelle : il faut avoir prévu au départ quelques petites boutures femelles tardives, de 30 à 40 cm environ, que tu pollinises en entier. Tu les laisses quelques jours à l’intérieur, collées au mâle, et la nature fait le reste.
Si tu dois couvrir la plante, fais-le aux heures fraîches de la journée : elle va rester couverte quelques heures, avant que tu passes un coup de spray d’eau sur la tête pollinisée pour enlever les restes de pollen. Et pense à marquer la tête avec une étiquette, ou ce que tu veux, pour ne pas la confondre avec les autres.

Comment savoir si le croisement a marché ?
Très vite, tu vas voir les stigmates, pistils ou petits poils blancs, appelle-les comme tu veux, commencer à flétrir et à sécher. Ils perdent ce blanc typique que tout le monde connaît, comme quand la floraison est bien avancée. C’est le signe qui ne trompe pas : c’est gagné.
À partir de là, les calices commencent à former les graines à l’intérieur. Ils gonflent et montrent une fente sur la longueur, sur le dessus, qui s’ouvre et laisse voir la graine dès qu’elle a atteint sa taille finale.
Les graines ont besoin d’environ six à sept semaines pour bien se former. Côté nutrition, une plante qui doit faire des graines n’a pas tout à fait les mêmes besoins qu’une plante faite pour les têtes : on lit parfois que les graines demandent beaucoup d’azote, alors que les têtes ont besoin de phosphore et de potassium.
En principe, un engrais de floraison classique fait l’affaire. Mais si tu pollinises une petite plante ou une bouture entière, ça peut valoir le coup d’y penser pour obtenir des graines de meilleure qualité.
Parfois, les graines n’ont pas encore leur couleur foncée typique alors que les têtes sont déjà bonnes à récolter. Tu peux alors récolter la plante par zones et laisser la branche avec la ou les têtes pollinisées une ou deux semaines de plus. Par contre, fais bien gaffe à la pluie et à l’excès d’humidité.
Les têtes avec graines se font sécher comme les autres, mais mets quelque chose en dessous au cas où des graines tomberaient pendant le séchage. Un conseil : une boîte en carton, c’est parfait pour ça.
Pour finir, il faut sortir les graines des têtes, et ça peut prendre un moment. Tu les mets dans une petite boîte et tu les conserves comme n’importe quelles graines, au frais et au sec.
Au bout de cinq ou six mois, elles seront parfaites pour germer. Cela dit, c’est toujours mieux de leur laisser un peu de temps de maturation.
Quant aux restes des têtes, bien chargés en résine, ils sont parfaits pour une extraction à sec avec un Hash Shaker, ou à fumer tels quels. Fais juste très attention en les passant au grinder : une graine oubliée peut traîner.

Comment se fait la pollinisation du cannabis ?
Pour polliniser le cannabis, il te faut une plante femelle et une plante mâle. La pollinisation, c’est la fécondation des fleurs femelles pour produire des graines. Si tu ne veux pas que ta femelle fasse des graines, sors les mâles de la zone de culture pour éviter toute pollinisation accidentelle.
Pour polliniser, on dépose le pollen du mâle sur les têtes de la femelle pendant la floraison. Le mieux, c’est d’attendre que la femelle ait au moins 4 à 6 semaines et qu’elle soit bien en floraison avant de la polliniser : c’est là que les résultats sont les meilleurs.
En Argentine, d’où on t’écrit, on trouve plein de variétés aux caractéristiques génétiques différentes, dont des hybrides issus de croisements entre variétés. Renseigne-toi bien sur chacune et choisis celle qui colle au type de culture que tu as en tête. On peut aussi inverser le sexe d’une plante femelle avec des techniques spécifiques, comme l’argent colloïdal, pour qu’elle produise du pollen et donne des graines féminisées.
Comme tu as vu, c’est un processus qui prend du temps, mais le résultat a ses avantages, pour ceux qui fument comme pour ceux qui cultivent. Franchement, lance-toi : qui n’aime pas expérimenter dans ce bel art qu’est la culture du cannabis ?
Et après : une étiquette sur la branche, de la patience, et rendez-vous à la récolte.
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