Cultiver des graines féminisées : 8 conseils de culture et les variétés à essayer
CULTURE

Cultiver des graines féminisées : 8 conseils de culture et les variétés à essayer

Arrosage, humidité, température, lumière et engrais : ce que demandent les féminisées, ce qu’elles font mieux que les autos, et quelles variétés choisir.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Les conseils de culture des graines féminisées, avec @bsfseeds 

Cultiver des graines féminisées, c’est cultiver des photopériodiques qui donnent presque uniquement des femelles : en indoor, tu gères toi-même le passage de 18 à 12 heures de lumière pour lancer la floraison, et tu peux tailler et allonger la croissance pour faire de grosses plantes. Les points clés : un arrosage régulier sans noyer, une température d’environ 20-22 °C, une lumière blanche ou bleutée, de l’azote en croissance puis du phosphore et du potassium en floraison. Quand on débute, les questions et la peur de tout rater sont normales, et ces huit conseils sont là pour ça.  

Si tu cultives pour ta propre consommation, là où la loi le permet, les graines féminisées sont le choix le plus recommandé pour décrocher la récolte que tu vises.

Mais c’est quoi, au juste, une graine féminisée ? C’est une graine conçue pour éliminer quasiment toute possibilité de donner un plant mâle. Elle demande quand même les mêmes soins et les mêmes conditions de croissance, parce qu’elle dépend tout autant de la lumière qu’une régulière : il faut passer de 18 à 12 heures de lumière par jour pour lancer la floraison. En intérieur, c’est le grower qui décide quand changer la photopériode, et donc combien de temps dure la croissance. Contrairement aux mâles, les plantes femelles produisent des têtes chargées en THC.

Plant de cannabis féminisé en floraison

Comment on produit des graines féminisées ? 

La technique la plus courante consiste à exploiter la tendance hermaphrodite de certaines plantes.

D’abord, on sélectionne des plantes femelles qu’on soumet à un stress hormonal. Comment ? En les cultivant dans des conditions défavorables, où elles ne trouvent aucun moyen de se reproduire : cycles de lumière interrompus, ou tailles qui les poussent à produire des fleurs mâles.

Sous ce stress, et par instinct de survie, certaines de ces plantes vont produire des sacs de pollen pour polliniser leurs propres fleurs femelles : elles montrent une tendance hermaphrodite. Le pollen de ces sacs porte alors un chromosome X, et non un chromosome Y comme celui d’un mâle, et en pollinisant les fleurs femelles il donne des graines féminisées, XX. Tout ce process garantit que dans 99,9 % des cas, les plantes issues de ces graines seront des femelles.

Le seul inconvénient : les graines obtenues peuvent hériter de la tendance hermaphrodite de la plante mère, ce qui réduit leur fiabilité. C’est pour ça que beaucoup de growers sont passés à des solutions à base d’argent, comme le thiosulfate d’argent (STS) : appliqué en solution, il provoque le stress hormonal mais limite la tendance à donner des hermaphrodites.

Féminisées ou autos : ce qui les distingue en culture

Connaître ces graines, c’est savoir à quoi t’attendre avec leurs caractéristiques. 

Pour le passage en floraison, par exemple, les féminisées demandent en intérieur une intervention manuelle : passer de 18 à 12 heures de lumière. En extérieur, elles suivent le calendrier : dans l’hémisphère nord, on plante entre mars et juin et on récolte de septembre à novembre.

Les féminisées sont connues pour avoir un cycle de vie plus long. Elles demandent donc un peu plus d’expérience et quelques bases pour éviter les mauvaises surprises. Mais en intérieur, tu contrôles leur développement : tu peux allonger la croissance et retarder la floraison en cas de problème ou de carence.

Leur gros atout : tu peux leur faire différentes tailles pour contrôler la hauteur et la forme des plantes, ce qui ne marche pas avec les autos. Du coup, allonger la croissance ou semer plus tôt permet d’obtenir des plantes plus grandes.

Côté ratio calice/feuille, les féminisées gagnent : les autos font souvent plus de feuilles, ce qui complique la manucure à la récolte.

Pour les têtes, les féminisées, surtout les indicas, sont bien denses. Elles produisent aussi plus de résine autour des fleurs, donc des goûts et des arômes plus intenses. Et à cause de leur génétique ruderalis, les autos contiennent en général moins de THC que les photopériodiques. 

Les 8 conseils pour cultiver des graines féminisées

1- Ne pas laisser la plante se dessécher :

Avec des féminisées, c’est très important d’éviter que la plante se dessèche : garde un bon niveau d’eau.

2- Ne pas noyer la culture :

L’arrosage est indispensable, mais il faut trouver la bonne dose pour éviter l’excès d’eau.

3- Passer à l’hydro :

C’est l’une des meilleures façons de garder un bon niveau d’eau pour tes plantes.  

4- Garder une humidité élevée en croissance :

Comme pour toute culture, l’humidité est cruciale. En croissance, vise une humidité ambiante au-dessus de 60 % ; en floraison, on la redescend plutôt vers 40-50 % pour éviter la moisissure dans les têtes.

5- Garder une température correcte :

Trop de chaleur nuit au développement de la plante. On conseille donc une température moyenne de 20-22 °C.

6- Choisir le bon éclairage :

On conseille souvent d’éviter une lumière trop rougeâtre, qui pourrait stresser tes plantes, et de préférer une lumière bleutée ou blanche.

7- Apporter de l’azote :

Pour une croissance naturelle, apporte des nutriments riches en azote, en dosant bien pour ne pas en faire trop.

8- Assurer le phosphore et le potassium :

En plus de l’azote, le phosphore et le potassium apportent à ta plante des nutriments précieux pendant la floraison.

Si tu cherches un effet euphorique et énergique, on prête ça aux féminisées sativas comme l’Amnesia Bilbo, la Kali Mist, la Sweet Tooth ou la Hawaiian Snow. Si tu veux plutôt un effet relaxant, on conseille souvent des féminisées indicas comme la Blueberry, la Kritikal Bilbo, la California Hash Plant ou la Blue Cheese. Mais au final, c’est le profil de chaque variété qui décide.

Comme toute culture, il faut prendre soin des plantes et savoir de quels nutriments elles ont besoin pour pousser fort. Avec ces conseils et ces bases, tes féminisées vont faire des jaloux chez les autres growers. 

Combien de temps met une féminisée à pousser ?

Le temps de croissance d’une féminisée dépend de plusieurs facteurs : la génétique, les conditions, la méthode de culture et les soins. En général, une plante femelle d’un mois mesure en moyenne 20 à 30 cm. À partir de là, elle continue sa croissance et, quand elle atteint la maturité sexuelle, elle commence à faire des têtes. Les graines féminisées sont populaires parce qu’elles assurent que toutes les plantes seront des femelles qui produiront des têtes. Surveille quand même tes plantes régulièrement pour repérer tout signe d’hermaphrodisme et éviter qu’elles se pollinisent et fassent des graines.

Comment cultiver des graines féminisées en intérieur ?

Pour cultiver des féminisées en intérieur, commence par bien choisir des graines de qualité. Ensuite, crée un environnement adapté : une température stable, une bonne ventilation et un éclairage correct. La lumière doit rester allumée 18 à 24 heures par jour en croissance et 12 heures en floraison. Il faut aussi apporter aux plantes les nutriments dont elles ont besoin, comme l’azote, le phosphore et le potassium. Contrôle le pH et l’EC de l’eau d’arrosage pour éviter la suralimentation ou les carences. Et enfin, surveille l’humidité et l’arrosage pour éviter les champignons et la moisissure.

Bonne culture !