Culture de cannabis en intérieur : les grosses erreurs de débutant
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Culture de cannabis en intérieur : les grosses erreurs de débutant

pH ignoré, engrais à fond, arrosage compulsif, graines au hasard, lumière mal réglée, récolte trop tôt : les erreurs qui plombent une culture indoor, et comment les éviter.

PAR Rédaction CosechaLibre7 MIN DE LECTURE

En culture de cannabis en intérieur, les erreurs qui coûtent le plus cher sont presque toujours les mêmes : ne pas contrôler le pH, surdoser l’engrais, trop arroser, partir de graines douteuses, mal régler la lumière et récolter trop tôt. Les éviter, c’est déjà la moitié du boulot. Le reste s’apprend en lisant, mais surtout en mettant les mains dans le terreau : rien ne remplace l’expérience.

De quoi tu as besoin pour une culture en intérieur ?

Dans une culture indoor à la maison, le grower cherche à reproduire, et même à améliorer, les conditions naturelles qui permettent au cannabis de pousser.

Concrètement, on remplace le soleil par de la lumière artificielle, on crée un flux d’air avec un extracteur et des ventilateurs, etc. Les seuls points communs avec l’extérieur, ce sont le substrat (si tu cultives en terre), les engrais et les graines.

Avant de te lancer en intérieur, il y a aussi quelques questions à te poser :

  • L’espace : où installer l’armoire, la box ou la chambre de culture.
  • Ta consommation : la quantité que tu fumes d’habitude va déterminer la place dont tu as besoin.
  • Le budget : évidemment, si tu investis peu, la quantité et la qualité de ta récolte seront limitées aussi. Et partir sur du matériel de récup n’est pas du tout conseillé : ça peut vite entraîner des galères que tu préférerais éviter.

Si tu veux en savoir plus sur la culture en intérieur, on a aussi un guide complet sur le sujet pour tirer le meilleur rendement de tes plantes.

Passons aux erreurs classiques de la culture indoor à la maison, celles à éviter si tu veux une belle plante :

Ne pas contrôler le pH

Quand tu cultives pour la première fois, il y a plein de sigles, de formules et de calendriers à retenir. Certains growers débutants sont noyés sous l’info et se lancent à l’arrache : ils arrosent sans se soucier du terreau ni du pH, en se disant que c’est une plante comme une autre et qu’il lui faut juste de l’eau. Le jargon du cannabis peut clairement embrouiller, et tu peux en ignorer une bonne partie… sauf le pH.

Jeunes plants de cannabis en intérieur

Le pH, c’est quoi pour un plant de cannabis ?

Le pH mesure l’acidité ou l’alcalinité d’un liquide ou d’un solide dissous. Concrètement, même si la plante a des nutriments à disposition dans le sol, ses feuilles peuvent montrer des carences parce que l’eau qu’elle reçoit a un pH trop bas.

Un mauvais pH autour des racines peut provoquer toutes sortes de décolorations, de problèmes et de carences sur les feuilles. Le problème se règle dès que la plante reçoit une eau au bon pH. Gérer le pH, c’est l’un des trucs les plus techniques auxquels presque tous les growers doivent faire face, sauf s’ils ont la chance d’avoir une eau parfaite.

En terre, on vise un pH de 6 à 7 pour que la plante absorbe bien les nutriments. En hydro, en coco et dans les autres substrats hors-sol, on vise un pH de 5,5 à 6,5.

Trop d’engrais

C’est une erreur hyper facile à faire, et presque tous les growers la feront ou l’ont déjà faite. La plupart des marques d’engrais mettent sur l’étiquette un calendrier de fertilisation avec des doses trop élevées.

Suralimenter une culture, en intérieur ou ailleurs, provoque ce qu’on appelle une brûlure d’engrais. Dans la plupart des cas, elle ne tue pas la plante, mais elle laisse des traces et peut sérieusement plomber la récolte. Des pointes de feuilles brunes sur toute la plante, c’est le signe d’une brûlure due à un excès de nutriments.

Pour l’éviter, suis le calendrier indiqué sur l’étiquette, mais commence avec la moitié de la dose recommandée.

Trop arroser

On a presque tous grandi avec l’idée qu’une plante a besoin de soleil et d’eau tous les jours. Ajoute à ça l’envie du grower débutant de bichonner ses plantes, et beaucoup finissent par arroser plus que nécessaire.

En intérieur comme en extérieur, l’arrosage excessif empêche les racines de recevoir assez d’oxygène, et les plantes s’affaissent. Dans les cas graves, ça peut même les tuer.

On arrose trop quand on arrose trop souvent, ou quand on met trop d’eau d’un coup.

Comment savoir quand arroser ?

Arrose quand la terre est sèche quand tu enfonces le doigt de 2 ou 3 cm. En coco, arrose tous les 1 à 2 jours. Si la coco reste humide plus de 3 jours, mets moins d’eau à chaque fois jusqu’à ce que les plantes grandissent et boivent plus. Pas besoin d’attendre que la coco sèche, mais n’arrose pas si le substrat est encore « humide » à 2 ou 3 cm sous ton doigt. Si le pot paraît léger quand tu le soulèves, c’est clairement le moment d’arroser.

Une mauvaise génétique

Quand on trouve une graine dans une tête, on a tous envie de la planter. Si tu as de l’expérience, ça peut très bien marcher, mais pour une première culture, l’idéal est de partir de bonnes graines. Ça permet de savoir quelle récolte attendre, de quels soins, de quelle température et de quelle humidité la plante aura besoin, quels phénotypes tu vas obtenir, etc.

Le mieux, c’est d’acheter de bonnes graines à une source fiable. Si tu investis dans de bonnes lampes et de bons engrais, utiliser une graine inconnue, c’est gaspiller cet investissement sur une plante qui peut avoir une génétique médiocre, ou se révéler mâle.

Trop de lumière en intérieur (ou pas assez)

Plants de cannabis en croissance en intérieur

La lumière est essentielle à la croissance de la plante. Si tu vois qu’elle file en hauteur avec beaucoup d’espace entre les nœuds, c’est qu’il lui faut plus de lumière. Les jeunes plants peuvent s’en sortir à peu près avec peu de lumière, mais la récolte sera alors très maigre. Une plante en floraison qui manque de lumière garde des têtes aérées et chétives.

À l’inverse, avec trop de lumière en intérieur, la plante est plus exposée aux maladies et plus vulnérable aux attaques de ravageurs. D’où l’importance de garder ta lampe à la bonne distance. Repères souvent cités : environ 30 cm pour 600 W, 25 cm pour 400 W et 40 à 50 cm pour 1000 W, à adapter selon le type de lampe et les indications du fabricant.

Là où c’est légal : pourquoi garder sa culture pour soi

Dans les pays où cultiver du cannabis est autorisé, les growers conseillent quand même de ne pas faire de pub autour de leur chambre de culture. Il n’y a rien à y gagner : ça peut tendre les rapports avec un voisin hostile, et une culture connue de tout le quartier attire parfois les voleurs. En France, rappelons-le, l’autoculture reste interdite : ce conseil vaut pour les pays où elle est permise, et cet article ne t’invite pas à cultiver.

Récolter trop tôt

Faire pousser du cannabis demande clairement de la patience avant de profiter des fruits, ou plutôt des fleurs. Si tu es pressé, choisis une auto, qui peut être prête à récolter en 90 jours environ. Récolter trop tôt fait baisser le rendement : les fleurs n’auront pas le look attendu et les terpènes ne seront pas à leur top, ce qui réduit les effets et la puissance des têtes, en plus de la quantité totale récoltée.

Beaucoup de growers font aussi un rinçage des racines 10 à 15 jours avant la date de coupe prévue, pour que les plantes arrêtent d’absorber des nutriments et que les fleurs se dégustent sans arrière-goût d’engrais, dans toute leur splendeur.

Il y a d’autres grosses erreurs possibles, mais celles-ci font partie des plus importantes à éviter. Une culture en intérieur te règle pas mal de problèmes, mais elle en amène aussi quelques-uns qu’il faut garder en tête.