
BHO, RSO, CO2, live resin : les extractions au solvant expliquées, et pourquoi débuter sans
De l’eau glacée au CO2 supercritique : ce qui sépare une extraction mécanique d’une extraction chimique, et ce que la purge change à l’extrait.
Extractions de cannabis : avec ou sans solvant, les types et les techniques
Il existe deux grandes familles d’extractions de cannabis : les mécaniques, sans solvant (bubble hash à l’eau glacée, dry sift au tamis, rosin à la chaleur et à la pression), et les chimiques, au solvant (BHO au butane, huile Rick Simpson à l’alcool, teintures, live resin, CO2 supercritique). Les secondes produisent de gros volumes et des extraits très purs, mais le solvant doit être entièrement purgé et la manip peut exploser ou prendre feu. Pour débuter, on reste sur les méthodes sans solvant.
Une extraction, c’est le résultat d’un process qui concentre les cannabinoïdes de la plante séchée tout en virant le maximum de matière végétale. Ces dernières années, leur popularité a explosé, justement parce qu’elles concentrent sous forme de résine les différents cannabinoïdes de la plante.
Ce qui les distingue, c’est la technique. Les méthodes mécaniques séparent physiquement les cannabinoïdes de la matière végétale ; les méthodes chimiques passent par différents solvants.

Les extractions sans solvant
Les méthodes qui suivent n’utilisent aucun solvant. Il te faut juste de l’eau, de la chaleur, différents tamis et de la pression.
Ice-O-Lator, bubble hash, water hash :
Ces trois techniques suivent la même procédure, avec le même matos : un seau de 5 à 10 litres (selon la quantité de matière végétale que tu vas utiliser) et un kit d’extraction « Ice-O-Lator », c’est-à-dire des sacs filtrants de plusieurs mailles qu’on empile de la plus fine à la plus large, en commençant par celle qui filtre le plus fin.
Faut le reconnaître : la méthode est super simple. Voici le pas à pas :
1- Remplis le seau d’eau froide aux 2/3 environ, ajoute des glaçons et plonge les sacs filtrants avec les têtes dedans.
2- Grâce à l’eau glacée et aux glaçons, les trichomes se détachent facilement. Pour donner un coup de pouce, tu peux mettre les fleurs au congélateur une heure avant l’extraction.
3- Pour décrocher les trichomes, remue le sac dans le seau pendant 20-25 minutes. Ensuite, sors le sac, égoutte l’eau petit à petit et récupère l’extraction de chaque sac filtrant.
4- Dernière étape : compacte le produit à la main et laisse-le sécher au moins une semaine, sur une assiette, dans une pièce entre 20 et 22 °C avec une humidité stable entre 55 et 60 %.
Dry sift hash :
C’est sans doute la méthode d’extraction la plus simple et la moins chère qui existe, donc à la portée de tout le monde.
Il te faut un sac d’extraction, du même type que ceux de l’Ice-O-Lator, avec la maille qui t’intéresse (ça joue directement sur la qualité du produit final). Plus la maille est fine, plus les glandes de résine récupérées sont petites (on parle en gros d’une maille de 50 microns). Et si tu es motivé et prêt à bosser un peu plus, tu peux sortir plusieurs qualités en passant par des mailles de tailles différentes.
Par exemple, tu fais un premier tamisage avec un sac de 150 microns, puis tu descends petit à petit. Avec un sac de 70 microns, tu obtiens un dry sift d’excellente qualité qui va te bluffer. Pour le tamisage :
1- Mets l’herbe dans le sac d’extraction et secoue-le à la verticale, doucement et avec délicatesse, au-dessus d’un récipient à la surface lisse, propre et sèche : les trichomes vont y tomber et s’accumuler en une poudre entre le jaunâtre et le blanchâtre.
2- Une fois toute la poudre récupérée, façonne-la pour obtenir un hash compact et homogène. Le plus pratique, c’est une carte rigide, genre carte bancaire. Il te faut de l’herbe bien sèche avant l’extraction ; tu peux aussi la passer au congélateur au moins une heure avant, pour que le froid aide les trichomes à se décrocher.
C’est une extraction à sec : pas besoin de faire sécher le produit après coup, ni de passer par un séchage en carton. Et il se consomme tout de suite, sans aucune étape en plus.

Rosin (rosin tech) :
Pour cette extraction, il te faut du papier sulfurisé et une presse chauffante. Le plus simple et le moins cher, c’est un lisseur à cheveux, à condition qu’il ait un réglage manuel de la température.
Tu poses la tête sur le papier sulfurisé, tu l’enveloppes pour faire un petit paquet bien compact et rectangulaire, et tu le presses entre les plaques du lisseur. Sous l’effet de la chaleur et de la pression, la résine devient liquide et se dépose sur le papier. Il ne reste plus qu’à la décoller : ton extraction est prête à être dégustée.
Les extractions au solvant
Aujourd’hui, ces méthodes sont surtout utilisées par l’industrie, parce qu’elles permettent de produire de gros volumes d’extrait. On utilise en général des solvants comme le butane, le propane, le CO2 ou l’éthanol, entre autres, pour séparer les composés qui intéressent.
Tu peux tomber sur des extraits assez différents les uns des autres : ça vient en général du solvant utilisé et de la méthode de purge après l’extraction.
Quand on extrait au solvant, il faut l’éliminer ensuite : c’est ce qu’on appelle la purge, pendant laquelle les restes de solvant s’évaporent de l’extrait. Comme le solvant joue sur l’aspect, la texture et l’odeur du produit, on obtient toute une gamme d’extraits différents.
Voici les méthodes d’extraction qui passent par des solvants chimiques (des hydrocarbures, entre autres).
Avant d’aller plus loin, un point important : ces méthodes, on les explique pour que tu saches ce qu’il y a derrière un extrait, pas pour que tu les tentes chez toi. Manipuler des produits chimiques et certains équipements expose à de vrais dangers (explosion, incendie, etc.).
BHO (Butane Hash Oil) :
Cette méthode utilise le gaz butane comme solvant. On peut aussi utiliser d’autres hydrocarbures comme le propane, l’hexane ou le diméthyléther (méthoxyméthane), plus connu sous le nom de DME ou DHO. Il existe aussi une méthode qui combine BHO + DHO, appelée DBHO.
Le principe reste le même quel que soit le solvant, mais les caractéristiques du concentré changent selon celui qu’on utilise.
Sur le papier, le principe tient en trois étapes :
1- La matière végétale est placée dans un contenant hermétique.
2- Le solvant est injecté sous pression et traverse la matière végétale, ce qui permet d’extraire et de récupérer les huiles essentielles de la plante, celles qui contiennent les principes actifs : cannabinoïdes + terpènes + flavonoïdes.
3- Ensuite, il faut éliminer les restes de solvant : c’est l’étape clé pour un extrait de qualité, propre, sain et le plus pur possible.
Cette élimination se fait par évaporation, en chauffant l’extrait à la température la plus basse possible pour que le solvant s’évapore sans abîmer les arômes et les saveurs. Le butane est extrêmement inflammable : en labo, avec l’équipement qui va bien, pas dans une cuisine.
La méthode Rick Simpson Oil (RSO) :
C’est une technique qui donne une huile de cannabis de bonne qualité, utilisée en général à des fins thérapeutiques.
Le principe est simple, comme les précédents : on fait tremper la plante entière dans de l’alcool éthylique, qui extrait efficacement tous les cannabinoïdes (l’isopropylique, parfois cité, n’a rien à faire dans un produit qu’on avale). Puis on élimine le solvant par évaporation à la chaleur. Les vapeurs d’alcool s’enflamment très facilement : jamais de flamme, jamais de four fermé, toujours un endroit bien ventilé. Une fois le solvant évaporé, on obtient une sorte d’huile noirâtre et épaisse.
Ce type d’extrait se prend en général par la bouche : quelques gouttes sous la langue, puis on avale. On ne va pas te mentir, le goût n’est pas terrible, mais des patients rapportent que ça vaut le coup. Elle peut aussi s’appliquer sur la peau.
Teintures :
Ce sont des concentrés liquides obtenus par extraction à l’alcool. Ici, l’alcool extrait efficacement les cannabinoïdes et les terpènes, et pas besoin de source de chaleur. Le gros plus des teintures : elles ont bien meilleur goût que la RSO.
Elles se prennent par la bouche, quelques gouttes sous la langue puis on avale. On les utilise pour certaines pathologies, pour lesquelles des études suggèrent une efficacité.
Live resin :
Cette technique consiste à mettre les fleurs fraîches au congélateur dès que tu les as coupées. Pas besoin de sécher les fleurs ni la matière végétale.
Le gros avantage : les terpènes n’ont pas le temps de se dégrader sous l’effet de l’air, de la lumière et de la chaleur, et gardent toutes leurs propriétés. Résultat : un produit final d’une qualité qui n’a rien à envier à personne.
Extraction supercritique (CO2) :
Tout le monde vise cette méthode pour la qualité et la pureté du produit final. Elle utilise du dioxyde de carbone (CO2) transformé en fluide supercritique.
Le fluide supercritique passe rapidement de l’état liquide à l’état gazeux, et inversement, quand on le soumet à des températures et des pressions précises : c’est ce qui donne des résultats aussi impressionnants.
Le seul inconvénient, si on peut dire, c’est qu’il faut un équipement coûteux. Et pour s’en servir, il faut une vraie formation, parce qu’on travaille à très haute pression, avec un risque réel d’explosion de l’équipement.
Séparation moléculaire :
C’est une méthode qui permet d’isoler séparément les cannabinoïdes et les terpènes de la plante à température modérée, ce qui évite de dégrader leurs molécules.
Voilà les différentes techniques. Comme on te l’a répété, la plupart demandent énormément de prudence et des connaissances solides pour éviter des accidents qui peuvent être mortels.
Les méthodes sans solvant sont celles qu’on conseille aux growers qui débutent. Tu peux expérimenter sans risquer la catastrophe ni flinguer tes têtes pour de bon.
Comment sécher une tête fraîchement coupée avant l’extraction ?
Avant de faire une extraction (sauf pour la live resin, qui se fait avec de la matière fraîche congelée), le cannabis fraîchement récolté contient trop d’humidité, et il faut l’éliminer. Donc la question, c’est : comment sécher la beuh ?
Le séchage, c’est ce qui transforme des têtes fraîchement coupées en la meilleure version d’elles-mêmes. D’abord, elles doivent sécher dans une pièce sombre pendant environ une semaine. Plus tu les laisses sécher, mieux c’est.
Le séchage remplit plusieurs fonctions importantes qui, au final, améliorent la qualité des têtes et prolongent leur durée de conservation. Mais plusieurs facteurs jouent sur la durée du séchage :
- la taille des têtes
- la façon dont les plantes ont été manucurées
- la température, l’humidité et la circulation d’air dans la pièce de séchage
Un séchage lent aide beaucoup les plantes de cannabis à garder un profil de terpènes plus large et plus complet. Sécher plus longtemps réduit aussi l’âpreté qu’on sent en fumant : pour une tête puissante et savoureuse, le secret, c’est la patience.
Pour un bon résultat final, compte un séchage d’environ 7 à 12 jours. À mesure que les têtes perdent leur humidité, elles rétrécissent petit à petit et perdent du poids.
Après le séchage, à toi de choisir ta méthode, en commençant sans solvant.
LE CLUB
Rejoins la communauté
Des growers avec un nom et un visage, des lots traçables, une vraie communauté. Pas de bullshit, pas de promesses en l’air.
Rejoindre le clubÀ LIRE AUSSI
CONSOTypes de feuilles à rouler : laquelle choisir pour ton joint ?
Classique, blunt, riz, cellulose, aromatisée ou cône préroulé : le tour des feuilles pour rouler, et les marques qui sortent du lot.
CONSOFumer de la weed abîme-t-il les yeux ? Et ces rougeurs qui ne viennent pas du joint
Yeux secs, pupilles dilatées, fumée qui pique : ce que le cannabis fait vraiment à tes yeux, et les autres causes de rougeur à ne pas confondre avec un lendemain de pétard.