Terreau de feuilles maison : la méthode des trois bacs
CULTURE

Terreau de feuilles maison : la méthode des trois bacs

Feuilles mortes, épluchures et un peu de patience : comment transformer les déchets du jardin en or noir pour tes plantes, presque sans dépenser un rond.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Pour faire du terreau de feuilles, tu ramasses des feuilles mortes à l’automne, tu les mélanges avec des épluchures et des restes végétaux (deux volumes de feuilles pour un de déchets), et tu fais passer le tout par trois bacs en bois posés à même le sol, jusqu’à ce que ça devienne une terre noire qui sent la forêt. C’est gratuit, ou presque, et bien moins cher que d’acheter du terreau en jardinerie ou au supermarché.

Ici, on te donne les meilleurs conseils de jardinage pour faire un compost bio simple, efficace et pas cher, qui va nourrir tes plantes et les faire pousser mieux que jamais au potager.

C’est quoi, le terreau de feuilles ?

Le terreau de feuilles, c’est un compost polyvalent qui s’utilise au jardin, dans les jardinières comme dans les semis. Ce qui le distingue, c’est qu’il aide à garder tes cultures sans mauvaises herbes ni maladies, ce qui t’évite des frais en produits d’entretien. Bien fait, il est assaini, tamisé et draine très bien, tout en gardant tes plantes et tes fleurs parfaitement hydratées.

Le compost maison aide les plantes à pousser fortes : il apporte plein de nutriments et peut même les faire germer plus vite qu’un arbre ou une plante qui n’a pas droit à cet « or noir » bio.

Compost bio prêt à l’emploi

Comment faire du terreau de feuilles ?

La base, avant de te lancer, c’est de construire 3 bacs en bois bien séparés, pour stocker chaque compost sans risque. Deuxième point essentiel : installe ces bacs directement sur le sol, parce que comme ça la décomposition va beaucoup plus vite.

Pour les matériaux, tu les trouveras facilement chez toi ou au jardin, mais tout ne va pas dans le compost. On te dit plus bas ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Un bac pour chaque étape du compost

La règle de base quand tu apprends à composter chez toi, c’est de ne pas tout mélanger : comme pour le recyclage, tu tries chaque chose selon son origine. Et garde en tête que si ce n’est pas un déchet organique, ça ne sert à rien ici.

L’idéal, c’est donc un bac par compost. On te conseille de les mettre côte à côte, mais fais gaffe à ce que leurs contenus ne se mélangent pas. Laisse assez d’espace entre eux.

Qu’est-ce qu’on met dans le premier bac ?

Le premier bac reçoit les feuilles sèches (s’il y a un peu de crottes d’animaux dessus, ne les lave pas : ça accélère le processus). Le meilleur moment pour les ramasser, c’est l’automne, quand les arbres en lâchent par tonnes.

Avec les feuilles, tu ajoutes les déchets d’origine végétale : coquilles d’œufs, épluchures de patates, de patates douces et des autres légumes que tu cuisines au quotidien. Tu peux aussi mettre des restes de taille, du marc de café, de la yerba maté usée (l’herbe de l’infusion qu’on boit partout en Argentine), etc. Rappelle-toi que tout ça va directement sur le sol.

Les bonnes proportions

Pour ce premier compost, compte 1 volume de déchets végétaux pour 2 volumes de feuilles sèches.

Terreau de feuilles maison

Et le deuxième bac, il sert à quoi ?

Dans le deuxième bac, tu transfères le compost quand il est presque décomposé. Ne panique pas s’il est tout noir : c’est normal, et c’est pour ça qu’on l’appelle « l’or noir ».

Tu remarqueras peut-être qu’il n’est pas encore décomposé à 100 % : il peut rester des morceaux et des brindilles en cours de décomposition. À ce stade, tu as droit à un petit plaisir : quand tu le sens, il dégage une super odeur de terre fraîche, de sous-bois.

Et le troisième bac ?

Quand tu vois que le compost du deuxième bac est décomposé à 100 %, tu le passes dans le troisième, où tu le stockes jusqu’à ce que tu en aies besoin.

À cette étape, il faut vraiment savoir faire la différence entre un compost prêt à 100 % et un compost où certains éléments ne sont pas encore décomposés. S’il n’est pas complètement mûr, au lieu de nourrir les plantes que tu veux fertiliser, il va faire l’inverse : il va leur piquer de l’énergie pour finir de se nourrir lui-même.

Quelle humidité pour le compost ?

Pour faire un bon compost bio, il faut le garder toujours humide, surtout en été ou quand l’air est très sec. Dans ces cas-là, arrose-le de temps en temps au tuyau, mais sans le noyer, sinon tu vas voir apparaître des champignons ou de la moisissure.

Et comment mesurer l’humidité ? Simple : serre une poignée de compost dans ta main. Il doit en sortir quelques gouttes d’eau, pas plus.

Les avantages du terreau de feuilles

  • C’est un produit écologique, assaini et 100 % naturel
  • Il est sans mauvaises herbes et sans aucun produit chimique
  • Avec du terreau de feuilles, ton sol se tasse beaucoup moins
  • Si tu cherches un bon drainage et une bonne porosité, c’est exactement ce qu’il te faut
  • Il apporte beaucoup de matière organique
  • Une fois tamisé, c’est une terre propre, sans impuretés
  • C’est idéal pour mieux nourrir tes plantes

Terreau de feuilles : qu’est-ce qu’on peut mettre ou pas ?

  • Pas de produits d’origine animale, de viande ni de graisse dans ton compost maison. Évite aussi les plantes, les restes de courges ou de tomates et les mauvaises herbes qui pourraient être malades : une maladie peut passer dans le compost, et ensuite gâcher toutes tes plantes.
  • Si tu tombes sur des mauvaises herbes, de l’herbe fraîchement tondue ou des plantes malades attaquées par un ravageur, laisse-les aussi de côté quand tu prépares ton compost.
  • Pense à couvrir ton compost en hiver pour qu’il garde mieux la chaleur. En plus, c’est une super astuce pour accélérer la décomposition.
  • Le froid ne fait pas de cadeau à ton terreau de feuilles. À l’inverse, en été, le compost se décompose plus vite grâce à la chaleur et à l’humidité : c’est la saison idéale pour en faire.
  • C’est normal que ça sente un peu mauvais au début.