Le cannabis, dépresseur ou stimulant ? Ni l’un ni l’autre, et voilà pourquoi
Il détend comme un dépresseur, il booste comme un stimulant et, à forte dose, il flirte avec les hallucinogènes : pourquoi le cannabis ne rentre dans aucune case.
Le cannabis n’est ni vraiment un dépresseur, ni vraiment un stimulant : il peut détendre, calmer et aider à dormir comme un dépresseur, mais aussi donner de l’euphorie, de la créativité et accélérer le cœur comme un stimulant, et même, à forte dose, provoquer des effets proches des hallucinogènes. On le range donc plutôt dans une catégorie à part, et l’effet dépend de la variété, de la dose et de la personne. Comme il modifie la perception du temps et de l’espace, le débat ne date pas d’hier.
On passe en revue les caractéristiques du cannabis et ses effets sur le corps pour démêler tout ça.
C’est quoi, un dépresseur ?
Les médicaments qu’on appelle dépresseurs ont un effet relaxant, calmant, voire sédatif. Ils peuvent même ralentir le fonctionnement du cerveau, et on les utilise pour traiter des problèmes comme l’anxiété, les spasmes musculaires, l’insomnie et les convulsions.
Parmi les dépresseurs les plus courants, il y a les benzodiazépines, souvent prescrites contre l’anxiété et l’insomnie, entre autres. On trouve aussi les barbituriques, qui ont un fort effet sédatif (certains antipsychotiques aussi).

Il faut aussi rappeler que l’alcool est un des dépresseurs les plus connus, et qu’il peut provoquer beaucoup des effets typiques de cette famille : trous de mémoire, réflexes plus lents, effet tranquillisant et difficulté à parler.
Mais s’il faut citer les dépresseurs les plus importants, ce sont les opioïdes. Ils agissent sur les récepteurs opioïdes du cerveau et sont utilisés en anesthésie comme contre la douleur. Certains se vendent légalement en pharmacie sur ordonnance, comme l’oxycodone ou le fentanyl, qui sont très addictifs.
C’est là le gros risque de ce type de substances : elles sont en général très addictives, qu’il s’agisse de l’alcool, des opioïdes ou des benzodiazépines, et il est très facile de tomber dans l’abus.
C’est quoi, un stimulant ?
Les stimulants sont des substances qui augmentent l’énergie et la vigilance, ce qui peut donner une humeur au top, euphorique. Mais cet effet ne dure pas, et une fois qu’il retombe, le moral peut chuter.
Quelques exemples de stimulants parmi les plus courants : la cocaïne, les méthamphétamines, la Ritaline et la caféine du café. Le problème, c’est qu’ils peuvent créer une habitude et provoquer une « descente » quand l’effet se dissipe.
Même si des médicaments comme la Ritaline ou l’Adderall sont prescrits pour les troubles de l’attention comme le TDA et le TDAH, ils présentent un vrai risque d’abus et de dépendance.
Que fait le cannabis dans le cerveau ?
Maintenant que tu sais ce qu’est un dépresseur et un stimulant, voyons dans quelle case on peut mettre le cannabis. D’abord, c’est une substance qui peut produire certains effets associés aux dépresseurs. Autrement dit, il peut détendre, calmer, et soulager la douleur et l’anxiété. Il peut aussi aider à trouver le sommeil et à lutter contre l’insomnie s’il est pris avant de dormir. C’est pour ça que beaucoup de gens apprécient le cannabis pour son effet sédatif et apaisant.
Mais attention : sa consommation peut aussi avoir des effets négatifs, comme des pertes de mémoire à court terme, de la flemme et, chez certains, une baisse de motivation.
Cela dit, d’autres voient les effets de la plante sous un tout autre angle.
Le cannabis peut-il aussi être un stimulant ?
Le cannabis peut améliorer l’humeur, booster la créativité et provoquer de l’euphorie. On peut aussi le voir comme une substance qui aiguise les sens et améliore l’expérience sexuelle et l’intimité. Beaucoup de gens le vivent comme un coup de boost, parce qu’il peut rendre les tâches du quotidien bien plus excitantes et agréables.
Mais il faut aussi rappeler que certains effets du cannabis peuvent être négatifs. Chez certaines personnes, il peut provoquer :
- de l’anxiété
- de la paranoïa
- des crises de panique
- de la peur
- une accélération du rythme cardiaque
- du mal à s’endormir, parce que la tête tourne à plein régime.
- Et, dans une certaine mesure, une « descente » qui ressemble à une sorte de « gueule de bois au cannabis ».
Alors, au final, que fait le cannabis dans le cerveau ?
En général, le cannabis ne provoque pas les effets dissociatifs et la distorsion de la réalité qu’on associe aux hallucinogènes, mais ça peut arriver. Si quelqu’un prend une dose excessive, surtout avec des edibles, il peut ressentir des effets proches de ceux des hallucinogènes : le temps semble ralentir, on peut entrer dans un état proche du rêve, voire sentir que sa prise sur la réalité s’est un peu relâchée.

Bref, difficile de classer le cannabis parmi les stimulants, les dépresseurs ou les hallucinogènes : il semble former une catégorie à lui tout seul, avec un peu de chacune. Et ses effets ne dépendent pas seulement de la variété consommée, mais aussi du corps de chacun et de sa façon de réagir.
Certains peuvent donc se sentir plus speed avec une variété, quand d’autres ressentent l’inverse, un effet calme et relaxant, avec la même tête. D’autres encore ne se sentiront ni boostés ni apaisés : ils risquent plutôt de ressentir de l’anxiété et de la parano, ou juste une bonne fringale, ou n’importe quel autre effet lié à la consommation de cannabis.
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