Cannabis et émotions : ce que la weed fait à ta tête
NOTES

Cannabis et émotions : ce que la weed fait à ta tête

Dopamine, mémoire, plaisir : ce que les études récentes disent vraiment de l’effet du cannabis sur la tête, et pourquoi l’âge du premier joint compte.

PAR Rédaction CosechaLibre7 MIN DE LECTURE

Le cannabis agit sur les émotions parce que le THC, son principal composé psychoactif, touche les circuits de la récompense et de la motivation du cerveau, ceux qui gèrent la dopamine. Les études relayées par la BBC montrent que chez les gros consommateurs, surtout ceux qui ont commencé jeunes, la mémoire, la prise de décision et la réponse au plaisir peuvent en prendre un coup. L’humanité cultive et consomme cette plante depuis la nuit des temps, et la science commence à peine à comprendre comment les cannabinoïdes, les composés actifs du cannabis, se mêlent à nos processus mentaux.

On fait ici le tour de la relation entre le cannabis et l’esprit, avec ses bons et ses mauvais côtés. De l’humeur à ce que la weed fait au cerveau, en particulier à la mémoire et aux capacités cognitives, l’idée est de comprendre comment cette plante et sa palette de cannabinoïdes peuvent changer notre façon de penser, de ressentir et de percevoir le monde.

En chemin, on passe en revue les découvertes scientifiques récentes et ce que racontent ceux qui ont exploré leur tête joint à la main. On verra aussi comment la weed, avec toutes ses variétés et ses profils de terpènes, ne fait pas que modifier l’état de conscience : elle est aussi étudiée pour son usage dans certains troubles psychiques, même si les preuves restent limitées.

Quels effets la weed a-t-elle sur le cerveau ? Ce qu’en disent la science et la psychologie

L’histoire de l’humanité est liée depuis des millénaires à la plante Cannabis sativa, plus connue sous le nom de marijuana. Au fil des siècles, elle est passée du statut de simple plante à celui de phénomène culturel, utilisée pour le plaisir comme pour se soigner un peu partout dans le monde.

Son côté récréatif a poussé des millions de personnes à la fumer ou à la manger, et son usage thérapeutique est de plus en plus accepté dans de nombreux pays. Mais concrètement, quel est son impact sur notre esprit ?

Trois études importantes, publiées dans le Journal of Psychopharmacology, Neuropsychopharmacology et l’International Journal of Neuropsychopharmacology, ont apporté un éclairage sur la relation complexe entre le cannabis et nos capacités cognitives.

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), environ 192 millions de personnes de 15 à 64 ans consomment du cannabis à titre récréatif dans le monde, ce qui en dit long sur sa place dans nos sociétés. Et environ 35 % d’entre eux ont entre 18 et 25 ans : une bonne partie des consommateurs sont donc de jeunes adultes, dont le cerveau est encore en plein développement.

Comment le THC agit sur le cerveau

Le principal composé psychoactif du cannabis, le tétrahydrocannabinol (THC), agit sur le système endocannabinoïde du cerveau, qui abrite des récepteurs réagissant aux composés chimiques de la plante. Ces récepteurs, très présents dans les zones préfrontales et limbiques, modulent les mécanismes de récompense et de motivation en régulant des neurotransmetteurs clés comme la dopamine, le GABA (acide gamma-aminobutyrique) et le glutamate.

Ces interactions ont des conséquences importantes. La dopamine, impliquée dans la motivation, la récompense et l’apprentissage, est directement influencée par le THC. Le glutamate et le GABA, essentiels pour la mémoire et l’apprentissage, entrent aussi en jeu.

En suivant ce que disent la science et la psychologie, on comprend mieux comment le cannabis et son cocktail de cannabinoïdes façonnent notre expérience mentale, du système endocannabinoïde jusqu’aux subtilités de la transmission entre neurones.

Cannabis et mémoire : ce que montrent les études sur les gros consommateurs

Le lien entre le cannabis et les capacités cognitives a fait l’objet de nombreuses études, qui montrent comment cette substance peut affecter l’esprit, surtout chez les personnes qui ont un trouble de l’usage du cannabis. Ce trouble, défini par une envie persistante de consommer qui finit par perturber le quotidien, toucherait environ 10 % des consommateurs selon les estimations.

Une des recherches relayées par la BBC a comparé 39 personnes diagnostiquées avec un trouble de l’usage du cannabis à un groupe témoin de 20 personnes qui en consomment rarement ou jamais. Les participants, qui ne devaient pas être sous l’effet du cannabis le jour du test, ont passé des tests de mémoire avec la CANTAB (Cambridge Neuropsychological Test Automated Battery), conçue pour évaluer la capacité du cerveau à retenir des informations.

Que disent les résultats ?

Les personnes avec un trouble de l’usage ont eu de moins bons résultats aux tests de mémoire, ce qui pointe un lien entre consommation prolongée de cannabis et baisse de la mémoire. Les « fonctions exécutives », ces processus mentaux qui incluent la flexibilité de la pensée, étaient aussi touchées, ce qui suggère que le cannabis peut jouer sur la capacité à mener des tâches cognitives complexes.

L’âge du début de la consommation compte beaucoup : ceux qui ont commencé jeunes avaient des fonctions exécutives plus nettement dégradées.

Et les effets sur la cognition ne se limitent pas aux consommateurs réguliers : même les consommateurs occasionnels ont tendance à prendre des décisions plus risquées et ont plus de mal à planifier.

Les effets du cannabis chez les hommes et chez les femmes

Les études ont aussi observé des différences entre les sexes. Les hommes qui consomment ont plutôt des problèmes de mémoire et du mal à reconnaître des objets, tandis que les femmes ont plutôt des difficultés d’attention et des fonctions exécutives touchées. Ces différences tiennent même en tenant compte de l’âge, du QI, de la consommation d’alcool et de nicotine, de l’humeur, des symptômes d’anxiété et d’autres comportements compulsifs.

Au bout du compte, l’impact du cannabis sur les capacités cognitives apparaît clairement, et ça montre qu’il faut mieux comprendre et mieux connaître les risques liés à sa consommation.

Cannabis, motivation et santé mentale : le circuit de la récompense

Au-delà de ses effets sur la cognition, le cannabis joue aussi sur la motivation et la santé mentale, d’après des recherches récentes. Le sujet a déjà été étudié plusieurs fois et montre l’interaction complexe entre le cannabis et les processus cérébraux de la récompense et de la motivation.

Des recherches antérieures suggéraient que le cannabis pouvait toucher les circuits de la récompense et de la motivation, avec des conséquences possibles sur les études, le boulot et la motivation en général.

Dans l’étude la plus récente relayée par la BBC, les participants passaient une tâche sous scanner cérébral : ils voyaient des carrés bleus et orange, et les carrés orange donnaient droit à une récompense en argent selon leur réponse. De quoi observer comment le cerveau réagit aux récompenses.

En se concentrant sur le striatum ventral, une zone clé du circuit de la récompense, les chercheurs ont observé des effets subtils du cannabis. Point important : les participants étaient des consommateurs modérés, ce qui laisse penser que les effets émotionnels pourraient être plus marqués chez les consommateurs chroniques.

Conclusions

Des données suggèrent que fumer de la weed tous les jours pourrait être lié à des problèmes de santé mentale. En particulier, une consommation quotidienne a été associée à des niveaux élevés d’anhédonie chez les ados, c’est-à-dire l’incapacité à ressentir du plaisir.

Tout ça montre qu’il faut prendre au sérieux les interactions complexes entre le cannabis, la motivation et la santé mentale, et rester lucide sur les risques possibles pour la motivation et le bien-être psychique.