Cannabis et rituels : la plante sacrée des tombes du Pamir aux chakras
NOTES

Cannabis et rituels : la plante sacrée des tombes du Pamir aux chakras

Il y a 2 500 ans, on brûlait déjà du cannabis riche en THC lors des funérailles dans le Pamir.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Le cannabis était brûlé lors de rites funéraires au moins dès 500 av. J.-C. : dans les montagnes du Pamir, dans l'ouest de la Chine, on déposait des plantes de cannabis sur des pierres brûlantes, dans des braseros en bois, pour que la fumée accompagne le deuil. C'est ce qu'a révélé une étude sur un cimetière de la région, et c'est une des plus vieilles traces connues du lien entre la weed et la spiritualité, une histoire qui remonte à des millénaires.

L'analyse des résidus retrouvés dans ce cimetière du Pamir a révélé des traces chimiques pointant vers des taux importants de tétrahydrocannabinol (THC), le principal composé psychoactif du cannabis. Cette découverte éclaire un lien profond entre la plante et des pratiques funéraires très anciennes, et montre que le cannabis a joué un vrai rôle dans la spiritualité et les cérémonies au fil des millénaires.

Cannabis et spiritualité : qu'a découvert l'étude ?

Robert Spengler, archéobotaniste à l'Institut Max-Planck de science de l'histoire humaine, souligne que, quel que soit le regard qu'on porte aujourd'hui sur le cannabis, son usage a laissé une empreinte marquante dans l'histoire humaine, et ça ouvre une nouvelle lecture du lien entre la beuh et le spirituel.

Les tiges et graines de cannabis déjà découvertes en Eurasie trouvent maintenant un appui solide avec ces nouvelles découvertes dans le cimetière du Pamir, vérifiées grâce à des techniques scientifiques de pointe.

Cette étude bouscule notre vision moderne du cannabis, et elle élargit aussi la zone géographique où on sait qu'il était consommé en Asie centrale. Le cannabis n'apparaît plus seulement comme une plante récréative, mais comme un compagnon spirituel qui a accompagné des communautés dans leurs rites et leurs pratiques sacrées, avec un lien bien concret entre spiritualité et cannabis à travers les siècles.

Plants de cannabis dans une salle de culture

Une étude passionnante parue dans la revue Science Advances a mis au jour des liens étonnants entre le cannabis et des rites funéraires vieux de 2 500 ans dans les montagnes du Pamir. L'équipe pluridisciplinaire, formée d'archéologues et de chimistes de l'Académie chinoise des sciences et de l'Académie chinoise des sciences sociales, à Pékin, a exhumé environ soixante-dix objets sur le site funéraire, dont des perles de verre, des harpes, des morceaux de soie et des ustensiles en bois.

Des rites funéraires qui en disent long

Les fouilles ont révélé des perforations et des entailles sur des crânes et des os, ce qui laisse penser à de possibles sacrifices humains pendant ces rites. Les chercheurs décrivent une scène avec des flammes, une musique rythmée et une fumée hallucinogène, pensée pour mener les participants vers des états de conscience modifiés pendant le deuil.

Le rituel consistait à placer des pierres brûlantes dans des braseros en bois et à y ajouter des plantes de cannabis, dont on a retrouvé les résidus sur des braseros et des pierres sortis de huit tombes du cimetière de Jirzankal. Le rituel au cannabis y était donc une pratique courante.

Une énigme dans l'étude des rituels au cannabis

L'absence de graines de cannabis pose des questions intrigantes. Les archéobotanistes suggèrent que les graines ont pu être retirées et jetées volontairement, ou que les endeuillés utilisaient des parties non florales de la plante, comme les tiges, pour les rites.

Une des questions les plus fascinantes : comment ces peuples anciens ont-ils sélectionné des plantes riches en THC, le composé psychoactif du cannabis ? Contrairement au cannabis sauvage d'Asie centrale, en général pauvre en THC, ces découvertes suggèrent une culture et une sélection actives de plants puissants.

Rituels au cannabis : quelques théories

Autre théorie avancée par les chercheurs : des marchands auraient, sans le vouloir, déclenché un processus d'hybridation en transportant les plantes le long de la route de la soie. Ce voyage à travers les gorges reculées du Pamir reliait des régions qu'on appelle aujourd'hui la Chine, le Tadjikistan et l'Afghanistan.

Ces découvertes offrent un regard unique sur des pratiques rituelles anciennes et soulèvent aussi des questions sur la culture de cannabis puissant dans l'Antiquité. Une étape clé pour comprendre le lien historique entre le cannabis et la spiritualité.

Cannabis et chakras : ce qu'en disent les traditions spirituelles

Le cannabis, surnommé « l'herbe sacrée », n'est pas qu'un truc de hippies : il a des racines spirituelles profondes. Il est déjà mentionné dans les anciens textes védiques de l'Inde.

Dans la doctrine des chakras, ces points d'énergie censés se trouver dans le corps, le cannabis est vu comme un catalyseur qui équilibrerait et élargirait l'énergie du corps. Pour ses adeptes, les sept chakras, associés à des zones vitales du corps, seraient stimulés par le cannabis, ce qui ferait le lien entre spiritualité et expérience psychoactive.

Chakras, énergie et cannabis

Les chakras, situés le long de la colonne vertébrale selon cette tradition, sont associés à des zones comme le cœur, la gorge et la tête. Pour ceux qui y croient, le lien avec le cannabis va au-delà d'un simple effet psychologique : c'est une réalité spirituelle.

Selon cette vision, la plante aiderait à mobiliser et ouvrir les chakras, en élevant la vibration et le flux d'énergie. Elle élargirait la conscience individuelle et renforcerait aussi les liens psychiques entre les personnes, en stimulant l'esprit et la connexion aux autres.

Têtes de cannabis en floraison sous les lampes

Cannabis, yoga et méditation : la quête d'élévation

Pour ceux qui pratiquent le yoga ou la méditation tous les jours, les rituels au cannabis
peuvent être vus comme un allié pour atteindre des niveaux de spiritualité plus élevés. Leurs adeptes disent que ça facilite l'élévation psychique et renforce la connexion avec l'âme, la nature et la conscience universelle. Pour eux, mêler pratique spirituelle et usage conscient de la plante ouvre la voie à une relation plus profonde avec soi-même et avec ce qui nous entoure.

Des figures influentes comme le gourou spirituel Deepak Chopra ont reconnu l'importance de certains psychoactifs, dont le cannabis, dans la quête d'élévation spirituelle. Selon cette approche, ces substances, utilisées dans un contexte de méditation ou de guérison, activeraient la « glande pinéale », située au centre du cerveau. René Descartes la voyait comme le « siège principal de l'âme », et beaucoup de cultures l'associent au troisième œil ou sixième chakra.

De la quête spirituelle au simple joint pour se détendre, fumer de la beuh pour décompresser
contribue aussi à en faire une « plante sacrée » aux yeux de beaucoup, capable d'ouvrir à des expériences fortes et profondes sur le chemin de l'expansion de la conscience.

Bref, cannabis et spiritualité s'entremêlent d'une façon que la science et l'histoire continuent de révéler. Des rites funéraires antiques jusqu'aux traditions des chakras et à la quête d'élévation, le cannabis apparaît comme un compagnon ancestral sur le chemin du sacré.