
Fumer du cannabis : quelles conséquences sur le cerveau, les poumons et le cœur ?
Que l'info sur la beuh circule mieux ne veut pas dire que fumer est toujours sans risque, surtout avec des taux de THC qui grimpent.
Fumer du cannabis n'est pas anodin : les études suggèrent des effets sur le cerveau en développement (surtout avant 18 ans), sur les poumons, sur le cœur et peut-être sur le risque de certains cancers. Le cannabis est aussi utilisé à des fins médicales, mais les taux de tétrahydrocannabinol (THC), la molécule qui fait planer, ne cessent de grimper, et avec eux les risques.
Les scientifiques commencent à peine à comprendre comment la consommation de beuh, surtout sur le long terme, agit sur le corps, mais des études suggèrent qu'elle peut causer plusieurs problèmes de santé avec le temps. Par exemple, des études préliminaires chez l'animal et chez l'humain suggèrent que fumer du cannabis pourrait freiner le système immunitaire.
Quels sont les risques du cannabis pour le cerveau ?
Le principe actif du cannabis, le delta-9-tétrahydrocannabinol, ou THC, agit sur les récepteurs cannabinoïdes présents dans les zones du cerveau qui jouent sur l'apprentissage, la mémoire, l'appétit, la coordination et le plaisir.

Les chercheurs en sont encore à découvrir les effets à long terme de la weed sur le cerveau, mais ils pensent que les effets les plus marqués touchent les jeunes adultes, dont les connexions neuronales sont encore en construction.
D'après les CDC (les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, aux États-Unis), le cannabis affecte le développement du cerveau. Tant que le cerveau se construit, chez les bébés, les enfants et les ados, il est particulièrement sensible aux effets à long terme du cannabis et du THC. Le sujet est encore à l'étude, mais certaines recherches semblent indiquer que la consommation de cannabis pendant la grossesse pourrait être liée, chez l'enfant, à des problèmes d'attention, de mémoire, de résolution de problèmes et de comportement.
Fumer à l'adolescence, ça change quoi ?
Fumer avant 18 ans peut perturber la façon dont le cerveau crée les connexions qui servent à l'attention, à la mémoire et à l'apprentissage. Ces effets peuvent durer longtemps, voire être permanents, mais il faut encore des recherches pour bien les comprendre.
Que disent les études ?
Une étude menée chez des ados a observé une connectivité neuronale altérée dans des zones précises du cerveau impliquées dans tout un tas de fonctions exécutives, comme la mémoire, l'apprentissage et le contrôle des impulsions, par rapport aux non-consommateurs.
Les ados qui fumaient régulièrement (tous les jours pendant trois ans) présentaient des modifications de l'hippocampe, la partie du cerveau qui gère la mémoire à long terme. Les chercheurs ont constaté que plus les participants fumaient depuis longtemps (et de façon chronique), plus la forme de leur hippocampe était anormale, avec à la clé une moins bonne mémoire à long terme.
Quelles conséquences pour les poumons ?
Le cannabis et le tabac sont deux substances complètement différentes, mais les fumer peut avoir des effets assez proches sur les poumons. Comme les fumeurs de clopes, les fumeurs de joints courent un risque plus élevé de rhumes, de bronchites et d'infections pulmonaires.
On a longtemps cru que vapoter du cannabis était plus sûr que le fumer, mais on sait aujourd'hui que certains produits de vapotage, surtout les cartouches de THC illégales (à cause de l'acétate de vitamine E), peuvent provoquer des lésions pulmonaires liées à l'usage de cigarettes électroniques ou de produits de vapotage (EVALI) : une atteinte des poumons qui gêne la respiration et peut mener à l'hôpital, voire être mortelle.
Quels effets secondaires ?
La toux et les rhumes sont les effets secondaires les plus relous du joint, mais un risque accru de cancer du poumon, lui, peut être mortel. La fumée de cannabis contient certains des composés cancérigènes présents dans la fumée de tabac, parfois à des concentrations plus élevées.
Cela dit, les études de population n'ont pas réussi à montrer jusqu'ici une hausse nette du risque de cancer du poumon chez les consommateurs de cannabis.
Il faut plus de recherches pour comprendre les effets précis que pourrait avoir le cannabis fumé sur le cancer du poumon et sur d'autres maladies respiratoires, comme l'emphysème (une atteinte des poumons qui provoque un essoufflement) ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).
Cannabis et cancer : ce qu'on sait
Fumer peut être particulièrement risqué pour les jeunes hommes. Certaines études suggèrent un lien entre la consommation de cannabis et un risque plus élevé d'un type particulier de cancer du testicule.
Une étude parue en 2015 dans la revue BMC Cancer a conclu qu'une consommation hebdomadaire, ou étalée sur plus de 10 ans, était associée à un risque accru de tumeurs germinales du testicule.
Le cannabis fumé apporte au corps du THC et d'autres cannabinoïdes, mais aussi des substances nocives, dont beaucoup des toxines et des cancérigènes (substances chimiques qui provoquent le cancer) qu'on trouve dans la fumée de tabac, mauvais pour les poumons et le système cardiovasculaire. Il faut plus de recherches pour comprendre les effets possibles du cannabis sur le cancer du poumon et les autres cancers respiratoires.
Quels sont les risques du cannabis pour le cœur ?
Quelques minutes après avoir fumé, le cœur s'accélère et la tension artérielle peut varier, ce qui peut être dangereux pour les personnes qui ont une maladie cardiaque. Des chercheurs ont observé que les consommateurs de cannabis ont un risque plus élevé de faire une crise cardiaque juste après avoir fumé, par rapport aux non-consommateurs.
Des études ont aussi trouvé un lien entre cannabis et arythmies, ainsi qu'un risque potentiellement plus élevé d'AVC.
Le cannabis peut-il interagir avec des médicaments ?
Les cannabinoïdes peuvent aussi interférer avec l'effet de nombreux médicaments contre les maladies cardiaques, dont les antiarythmiques, les statines, les inhibiteurs calciques et les bêtabloquants.
Contrairement à ce que beaucoup pensent, une consommation au long cours peut mener à un trouble de l'usage du cannabis, autrement dit une dépendance. C'est pour tout ça qu'on répète qu'il y a des façons de consommer plus saines que d'autres, qu'on peut contrôler les doses et les quantités pour éviter une bonne partie de ces risques, et que les traitements à base de cannabis médical, encadrés et suivis par des professionnels, peuvent donner de bons résultats quand ils sont bien menés.
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