Effets psychoactifs du cannabis : ce que le THC fait vraiment à ta tête
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Effets psychoactifs du cannabis : ce que le THC fait vraiment à ta tête

Euphorie, temps qui s’étire, fou rire : d’où ça vient, pourquoi le CBD ne te met pas perché, et la différence entre psychoactif et psychotrope.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Le principal effet psychoactif de la marijuana vient du THC : euphorie, détente, sens plus aiguisés et perception du temps et de l’espace qui se déforme. L’intensité dépend de la variété et de la quantité consommée. Le CBD, lui, agit aussi sur le cerveau, mais sans te mettre perché.

De la petite montée euphorique à la sensation que les minutes durent des heures, ces effets peuvent marquer profondément ceux qui consomment et la façon dont ils vivent l’expérience. Comprendre comment la weed agit sur la tête et sur le corps, c’est la base pour parler sérieusement de son usage, qu’il soit récréatif ou thérapeutique.

Psychoactif ou psychotrope : quelle différence pour le cannabis ?

Dans la recherche sur les cannabinoïdes, on oppose surtout deux molécules : le THC, le composé psychoactif par excellence, et le CBD, considéré comme le cannabinoïde non psychoactif le plus important.

Têtes de cannabis le jour de la récolte

Le THC joue sur l’humeur, la sensibilité et la perception de la réalité. Mais attention : tous les cannabinoïdes qui agissent sur le système nerveux central (SNC) ne te défoncent pas comme le cannabis récréatif.

Le CBD, par exemple, est psychoactif au sens où il peut influencer le système nerveux central, mais il ne provoque pas d’ivresse.

Dans ce vocabulaire, un cannabinoïde psychoactif agit sur le SNC sans modifier la perception des sens, alors qu’un cannabinoïde psychotrope peut changer cette perception et produire un effet stupéfiant, comme le THC.

Psychoactif ou psychotrope : ce qu’il faut retenir

Le CBD et d’autres cannabinoïdes peuvent jouer sur l’humeur et sur d’autres processus du cerveau, mais ils ne produisent pas les effets psychotropes du THC. C’est pour ça que le CBD intéresse autant pour son potentiel thérapeutique, notamment dans certaines épilepsies, et qu’il est étudié dans la maladie de Parkinson, sans les effets indésirables du THC.

Pour résumer : le THC et quelques autres cannabinoïdes, comme le THCV et le CBN, sont classés psychotropes pour leurs effets stupéfiants. Le CBD montre un potentiel thérapeutique intéressant sans produire ces effets, ce qui en fait, dans ce cadre scientifique, un cannabinoïde non psychoactif.

Comment les cannabinoïdes agissent sur le système nerveux central

Les récepteurs endocannabinoïdes et leur fonctionnement

Le système endocannabinoïde (SEC) regroupe des récepteurs, des cannabinoïdes produits par le corps lui-même (les endocannabinoïdes) et les enzymes qui les fabriquent et les dégradent. À sa découverte, on le comprenait mal, et le débat faisait rage sur l’usage médical du cannabis, son potentiel d’abus et la dépendance.

Depuis, la recherche a creusé les molécules clés du cannabis, leurs propriétés et la façon dont elles agissent tout au long du système endocannabinoïde. Un point a particulièrement retenu l’attention : sa capacité à moduler l’immunité à l’intérieur du système nerveux.

Les récepteurs les plus étudiés sont CB1 et CB2. Ce sont des récepteurs couplés aux protéines G (RCPG) qui règlent tout un tas de réactions de l’organisme : réponses hormonales, neurotransmission et réactions aux stimuli de l’environnement.

Le THC, composé psychoactif et médicinal

Le THC est reconnu comme le principal composé psychoactif du cannabis et produit la plupart de ses effets médicinaux en se fixant sur les récepteurs CB1 et CB2. Ces récepteurs à sept domaines transmembranaires sont couplés à des protéines G inhibitrices. Ils pilotent des cascades de signalisation qui touchent le calcium à l’intérieur des cellules, avec l’adénylate cyclase, l’AMPc et les MAP kinases.

Ce que font les récepteurs CB1 et CB2

Le récepteur CB1 est très présent dans le système nerveux central et dans d’autres organes. Il intervient dans la douleur, le stress, le métabolisme des graisses et l’immunité. D’après les recherches récentes, c’est lui qui est au cœur des effets psychotropes du THC.

Le récepteur CB2, au contraire, est surtout lié à l’immunité. On le trouve dans les cellules de défense, y compris la microglie du système nerveux, mais il est bien moins présent dans le SNC que le CB1.

Les autres récepteurs des cannabinoïdes

En plus de CB1 et CB2, les cannabinoïdes peuvent se fixer sur d’autres récepteurs, comme le GPR55. Son activation varierait selon la dose de THC (agoniste à faible dose, antagoniste à forte dose), et il est modulé par le CBD, par certains cannabinoïdes de synthèse et par des endocannabinoïdes comme l’anandamide (AEA) et le 2-arachidonoylglycérol (2-AG). Contrairement à CB1 et CB2, ces récepteurs font monter le calcium à l’intérieur des cellules quand ils s’activent.

En résumé, les cannabinoïdes pèsent lourd sur le système nerveux central à travers leurs interactions complexes avec le système endocannabinoïde et ses différents récepteurs. La recherche continue, et elle devrait en dire plus sur la façon d’utiliser ces interactions dans différentes maladies.

Effets du cannabis : ce que montrent les études

Les effets psychologiques du delta-9-THC

Le delta-9-THC, principal composé psychoactif du cannabis, provoque à lui seul des changements psychologiques proches de ceux qu’on ressent avec la plante. Le delta-8-THC est un peu moins puissant, mais il peut contribuer au high en plus petites quantités.

Le cannabinol (CBN), pris par voie orale même à forte dose, ne produit pas de changements physiques notables. Par voie intraveineuse, en revanche, il peut provoquer des effets psychotropes proches de ceux du cannabis.

Le cannabidiol (CBD) et les autres cannabinoïdes

Le cannabidiol (CBD), pris par voie orale ou intraveineuse à des doses bien plus élevées que la dose active de delta-9-THC, est considéré comme inactif sur le plan psychotrope.

Des études chez le primate et d’autres animaux montrent que le delta-8-THC et le CBN sont moins puissants que le delta-9-THC, et que le CBD n’a pas d’effet psychotrope significatif.

Ce qu’on a observé chez l’animal

Des expériences sur des macaques rhésus, des singes-écureuils et des chiens ont montré que plusieurs cannabinoïdes provoquent des changements de comportement comparables à ceux observés chez l’humain dans les études de psychopharmacologie.

Plants de cannabis en culture

Parmi ces effets : stimulation de la voie dopaminergique du système limbique, fou rire, perception visuelle modifiée, objets qui semblent changer de taille, temps qui se dilate et mémoire immédiate en vrac, entre autres.

Pourquoi les effets changent d’une fois à l’autre

Les effets psychotropes des cannabinoïdes varient énormément, et le contexte social et l’environnement comptent beaucoup. Ils peuvent toucher l’humeur, la perception visuelle et spatiale, la mémoire et l’attention. Comme ils vont et viennent, la sensation du temps et de l’espace peut fluctuer pendant la session.

Pourquoi les études sur le cannabis sont compliquées à lire

Interpréter les résultats des études sur le cannabis, c’est pas simple, pour plusieurs raisons : la plante contient une foule de composés, sa chimie change selon la transformation et la conservation, et les cannabinoïdes interagissent entre eux et avec les autres molécules de la plante.

En résumé, les cannabinoïdes psychotropes comme le delta-9-THC et le CBN ont des effets nets sur le comportement et la perception, et plein de facteurs entrent en jeu, aussi bien dans la recherche que dans l’usage médical.