Fumer du cannabis, quels effets psychologiques ? 3 idées reçues et ce que dit la science
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Fumer du cannabis, quels effets psychologiques ? 3 idées reçues et ce que dit la science

Dépendance, anxiété, psychose, motivation : ce que le THC change vraiment dans ta tête, et trois mythes qui ont la vie dure.

PAR Rédaction CosechaLibre7 MIN DE LECTURE

Oui : fumer du cannabis agit sur le psychisme, à court terme (humeur, mémoire, anxiété) et parfois à long terme, surtout avec beaucoup de THC, une consommation régulière et un démarrage jeune. Les études l’associent à un risque accru de dépendance et d’épisodes psychotiques, en particulier chez les personnes prédisposées. Ça ne veut pas dire que chaque joint fait des dégâts, mais l’idée d’une weed « sans effet sur la tête » est fausse.

Quand tu fumes, le THC passe vite dans le sang et arrive au cerveau, où il se fixe sur les récepteurs cannabinoïdes. Ces récepteurs font partie du système endocannabinoïde, qui joue un rôle clé dans la régulation de l’humeur, de l’appétit, de la mémoire et du sommeil.

En agissant sur ces récepteurs, le THC peut modifier temporairement ces fonctions : ce sont les effets immédiats d’un joint.

Ces effets peuvent être agréables pour certains, mais déstabilisants pour d’autres, surtout pour les débutants ou ceux qui en prennent trop.

Joint de cannabis avec filtre en chanvre

Cannabis et santé mentale : 3 idées reçues à démonter

Le cannabis traîne plein de mythes et de malentendus. Pour faire des choix éclairés, il faut démêler le vrai du faux. On démonte trois des idées reçues les plus répandues.

Idée reçue n° 1 : « Le cannabis n’a aucun effet sur la santé mentale »

FAUX. Croire que le cannabis n’a aucun impact sur la santé mentale est une erreur. En fait, consommer sur le long terme de fortes concentrations de THC, le principal composé actif du cannabis, peut augmenter nettement le risque de devenir dépendant.

En plus, une étude publiée dans The Lancet indique que les fumeurs réguliers sont plus exposés à la psychose cannabique et aux épisodes dépressifs à répétition.

Idée reçue n° 2 : « Fumer régulièrement fait baisser l’anxiété »

FAUX. Ce mythe vient d’une confusion entre les composants du cannabis. La plante contient deux molécules principales : le CBD et le THC. Le CBD est extrait et étudié pour certains troubles physiques et psychiques, comme l’anxiété, et il ne fait pas planer.

Le THC, lui, présent dans la weed récréative, est le composé qui donne l’euphorie et le plaisir, mais ce n’est pas un traitement de l’anxiété. Dans certains cas, il peut même aggraver les symptômes anxieux au lieu de les calmer.

Idée reçue n° 3 : « Le cannabis est sans risque parce qu’il ne rend pas accro »

FAUX. On pense souvent que le cannabis est inoffensif, mais une consommation prolongée peut mener à la dépendance. Elle met peut-être plus de temps à s’installer qu’avec la cocaïne ou la méthamphétamine, mais l’addiction au cannabis est réelle et elle fait du mal.

Les personnes dépendantes au cannabis peuvent avoir du mal à retenir ou à apprendre de nouvelles choses, et finir par avoir besoin de fumer pour se sentir bien, émotionnellement et psychologiquement.

Cette dépendance peut abîmer les relations et le quotidien : on s’éloigne de sa famille, de ses potes et des activités qu’on aimait.

Ce qu’il faut retenir

Démonter ces mythes est essentiel pour comprendre les vrais effets du cannabis sur la santé mentale et physique. Le cannabis peut toucher la santé mentale, ce n’est pas un remède miracle contre l’anxiété, et il peut rendre dépendant : le savoir, c’est la base pour décider en connaissance de cause.

La recherche continue d’avancer sur cette plante, alors reste à jour et garde un œil critique sur ce qui circule.

Les effets psychologiques du cannabis : comment il agit sur le mental

L’impact du cannabis sur l’esprit intéresse, et inquiète, de plus en plus. Des recherches récentes publiées dans le Journal of Psychopharmacology, Neuropsychopharmacology et l’International Journal of Neuropsychopharmacology montrent comment son usage peut influencer toute une série de processus cognitifs et psychologiques.

Combien de personnes consomment du cannabis ?

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), environ 192 millions de personnes de 15 à 64 ans consommaient du cannabis à usage récréatif dans le monde, d’après les données de 2018. Près de 35 % d’entre elles avaient entre 18 et 25 ans : une bonne partie des consommateurs sont donc de jeunes adultes.

Et comme leur cerveau est encore en développement, ils pourraient être particulièrement vulnérables aux effets à long terme du cannabis.

Le rôle du tétrahydrocannabinol (THC)

Le tétrahydrocannabinol (THC) est le principal composé psychoactif du cannabis. Il agit sur le système endocannabinoïde du cerveau, qui compte des récepteurs spécifiques réagissant aux composés chimiques du cannabis.

Ces récepteurs sont très présents dans les zones préfrontales et limbiques du cerveau, des régions clés pour les mécanismes de récompense et de motivation.

Ce que le cannabis change dans la chimie du cerveau

Les récepteurs cannabinoïdes régulent la signalisation de plusieurs neurotransmetteurs importants, dont la dopamine, l’acide gamma-aminobutyrique (GABA) et le glutamate.

La dopamine

La dopamine est un neurotransmetteur clé de la motivation, de la récompense et de l’apprentissage. En agissant sur les récepteurs cannabinoïdes, le THC peut modifier la libération et la régulation de la dopamine, et donc toucher la motivation et la capacité à ressentir du plaisir.

L’acide gamma-aminobutyrique (GABA)

Le GABA est un neurotransmetteur inhibiteur qui joue un rôle crucial dans la régulation de l’excitabilité des neurones et de l’anxiété. Le THC peut influencer la signalisation du GABA, ce qui peut faire varier le niveau d’anxiété et la régulation des émotions.

Le glutamate

Le glutamate est le principal neurotransmetteur excitateur du cerveau, impliqué dans des processus cognitifs comme la mémoire et l’apprentissage. Le THC peut perturber sa signalisation, ce qui pourrait avoir des effets négatifs sur les fonctions cognitives.

Cannabis et santé mentale : ce que montrent les études récentes

Le cannabis ne change pas seulement notre façon de penser, mais aussi ce qu’on ressent et notre comportement. Voilà ce que disent les recherches récentes sur ses effets sur la motivation et sur les circuits cérébraux impliqués.

Le cannabis démotive-t-il ?

Des recherches suggèrent que le cannabis peut agir sur les circuits de la récompense et de la motivation. Ces changements peuvent peser sur les performances au quotidien, au boulot ou à l’école, en réduisant la motivation et la sensation de récompense.

Une étude récente a utilisé une tâche de neuro-imagerie : les participants, sous IRM, devaient réagir à des carrés bleus et orange. Les carrés orange rapportaient de l’argent si la réponse était correcte.

Ce dispositif a permis d’étudier comment le cerveau réagit aux récompenses, en se concentrant sur le striatum ventral, une région clé du circuit de la récompense.

Les résultats ont montré des effets subtils du cannabis sur le striatum ventral, alors que les participants étaient des consommateurs modérés. On s’attend à des effets plus marqués chez les consommateurs chroniques.

Les effets du cannabis sur le mental

La consommation de cannabis est aussi associée à des troubles de santé mentale, dont l’anhédonie (l’incapacité à ressentir du plaisir) chez les ados. Un problème qui s’est aggravé pendant les confinements liés au Covid-19.

Cannabis et psychose

Le cannabis peut être un facteur de risque d’épisodes psychotiques et de schizophrénie. Une étude a montré qu’une consommation modérée augmente le risque de symptômes psychotiques chez les jeunes, surtout chez ceux qui ont une prédisposition génétique à la psychose.

Dans une étude portant sur 2 437 ados et jeunes adultes (14-24 ans), le risque de symptômes psychotiques passait de 15 % à 21 % chez les consommateurs de cannabis sans prédisposition, et de 25 % à 51 % chez ceux qui avaient une prédisposition.

On ne comprend pas encore complètement pourquoi le cannabis est lié aux épisodes psychotiques, mais la dopamine et le glutamate joueraient un rôle important dans la neurobiologie de ces troubles.

Tête de cannabis tenue dans la main

Une autre étude sur 780 ados a relié la consommation de cannabis et les expériences psychotiques à une région du cerveau appelée « uncus » : elle fait partie du gyrus parahippocampique (impliqué dans la mémoire), près des zones olfactives (le traitement des odeurs), et compte beaucoup de récepteurs cannabinoïdes.

Ce qui fait varier les effets du cannabis

Les effets cognitifs et psychologiques du cannabis dépendent de plusieurs facteurs : la dose (fréquence, durée et puissance), le sexe, les vulnérabilités génétiques et l’âge du premier usage. Reste une question clé : ces effets sont-ils temporaires ou permanents ? Un article qui fait la synthèse de plusieurs études suggère qu’avec une consommation modérée, ils peuvent s’atténuer après des périodes d’abstinence.