Fusarium sur le cannabis : reconnaître et bloquer la fusariose
CULTURE

Fusarium sur le cannabis : reconnaître et bloquer la fusariose

Ce champignon du sol peut flinguer une plante en quelques jours : comment il arrive, comment le repérer et pourquoi tout se joue sur la prévention.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Le fusarium est un champignon du sol qui fait flétrir le cannabis et pourrir ses racines, et une fois qu’il est installé, il est presque impossible à soigner. La seule vraie arme, c’est la prévention : un substrat sain, un arrosage maîtrisé et des outils propres.

On parle ici des champignons du genre Fusarium.

Le fusarium sur une plante de cannabis, c’est l’alerte rouge : l’infection peut tuer des branches entières, voire toute la plante, en quelques jours ou quelques semaines.

Les dégâts peuvent être énormes, mais il existe plusieurs façons de le prévenir et de le combattre.

Le fusarium, c’est quoi exactement ?

Le fusarium est un type de champignon qui s’attaque aux racines et aux feuilles du cannabis. Il aime les climats chauds, presque tropicaux, et peut attendre des années dans le sol que l’occasion se présente. Si tu cultives en extérieur, il peut donc traîner n’importe où dans ton jardin sans que tu le saches. Il voyage souvent avec l’eau de ruissellement et les outils de jardinage.

Pour beaucoup de growers, le fusarium est une vraie menace quand il se réveille, parce qu’il provoque le flétrissement (la plante qui se dessèche et pend) ou la pourriture des racines. Le pire, c’est qu’une fois l’infection lancée, soigner les plantes touchées devient extrêmement compliqué. Pour pas mal de cultivateurs, c’est une sacrée galère.

Comme le fusarium oxysporum vit et prospère surtout dans le sol, la culture hydroponique est une bonne option pour réduire le risque. Pour l’essentiel, cultiver sans fusarium, c’est bosser dur pour rendre l’environnement le moins accueillant possible pour les champignons.

Comment se débarrasser du fusarium ?

Une fois que le fusarium attaque, sauver la plante est difficile. On peut limiter un peu la casse, mais le plus logique reste souvent de jeter les plantes touchées et de repartir de zéro. Donc la priorité absolue avec ce champignon, c’est la prévention. 

La meilleure façon de résister aux nuisibles et aux maladies, c’est de partir sur des graines de qualité. Une bonne graine a en général une génétique solide qui complique la vie aux champignons qui voudraient s’infiltrer en douce par les racines.

Plutôt que d’éliminer le fusarium, il faut le prévenir

Comme le fusarium vit dans le sol, on protège ses plantes avec un substrat sain et sans fusarium, ce qui passe aussi par des fongicides naturels. Tu peux aussi utiliser du compost ou du thé de compost pour multiplier les bonnes bactéries qui s’attaquent aux mauvais champignons.

Pour nourrir le sol, tu peux ajouter de quoi nourrir les bactéries, comme la mélasse, pour soutenir la vie utile du substrat. Un sol argileux aide à faire monter le pH, ce qui réduit la quantité de champignons nuisibles. Planter d’autres plantes saines à côté du cannabis améliore aussi la qualité du sol et aide à garder le problème sous contrôle.

Pour encore plus de sécurité, cultive en pots plutôt qu’en pleine terre. Ça limite la zone d’infection et empêche plus facilement le champignon de se propager.

Pourquoi le fusarium apparaît-il sur le cannabis ?

Comme tous les champignons, le fusarium se développe dans un milieu humide et chaud. Donc tu as plus de chances de bloquer sa croissance si tu peux régler toi-même l’humidité et la température. Et le meilleur moyen, c’est de cultiver en intérieur, où tu peux surveiller et ajuster plein de paramètres.

Les maladies passent d’un endroit à l’autre par les outils de jardin qui ont été en contact avec le champignon. Pense donc à nettoyer et stériliser ton matériel de culture, ainsi que l’arrosoir et le tuyau d’arrosage.

En plus de couper l’oxygène aux racines, l’excès d’arrosage favorise aussi les champignons. On parle d’excès quand tu arroses trop souvent ou avec trop d’eau d’un coup.

Surveiller l’état de tes plantes, c’est une grosse partie du boulot. On n’insistera jamais assez sur l’observation : sans elle, impossible de savoir si une infection au fusarium est en route. Mais à quoi ressemble une plante touchée ? Les deux symptômes principaux à guetter sont le flétrissement et la pourriture des racines.

Comment savoir si ma plante a le fusarium ?

Le symptôme le plus courant du fusarium sur le cannabis, c’est le flétrissement. Quand tu le vois, le champignon a déjà commencé à coloniser la plante et il faut agir : si possible, coupe les parties touchées avec des outils propres et sors-les de la zone de culture.

Les premiers signes varient selon l’espèce de fusarium qui touche ta culture : taches sur la tige, lésions et un air épuisé qui ne colle ni avec l’espace dont dispose la plante ni avec ce que tu lui donnes à manger.

Attention : contrairement à d’autres champignons, une plante qui montre des symptômes de fusarium est plus dure à traiter, et l’infection avance vite.

Le cycle de vie du fusarium

Le fusarium produit trois types de spores : les microconidies et les macroconidies, formées respectivement d’une seule et de plusieurs cellules, et les chlamydospores, des spores ultra-résistantes capables de survivre entre 5 et 15 ans dans le sol.

Une fois libérées, les spores peuvent se développer sur des tissus végétaux vivants ou morts. Elles entrent dans la plante par des blessures sur la tige, les feuilles ou les racines.

Le champignon se développe entre 10 et 30 °C, avec une reproduction optimale vers 20-25 °C et des cycles de 12 h de lumière et 12 h d’obscurité : les cultures en intérieur comme en extérieur sont donc des cibles potentielles. Le fusarium survit dans des sols au pH compris entre 2,2 et 9,0 : ajuster le pH aide, mais ça ne suffit pas tout seul.

Que se passe-t-il si je fume des têtes avec du fusarium ?

La grande question, c’est : est-ce qu’on peut fumer de la beuh touchée par le fusarium ? D’abord, c’est un genre de champignon tellement répandu qu’il peut même vivre dans notre organisme sans poser de problème. Par contre, chez les personnes aux défenses affaiblies ou immunodéprimées, il peut provoquer différents types d’infections.

Malgré tout, comme pour n’importe quelle weed moisie, on te déconseille de la consommer : chez beaucoup d’espèces, les spores résistent aux hautes températures et aux solvants.

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