Pourquoi une graine féminisée donne une femelle : chromosomes XX, clones élite et un peu d’histoire
CULTURE

Pourquoi une graine féminisée donne une femelle : chromosomes XX, clones élite et un peu d’histoire

Du pollen de femelle, des chromosomes XX et des clones élite : comment les banques de graines garantissent des femelles depuis le début des années 2000.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Une graine féminisée donne une femelle parce que le pollen qui l’a fécondée vient lui-même d’une femelle : on force une plante femelle (XX) à faire des fleurs mâles, souvent avec du thiosulfate d’argent (STS) ou de l’argent colloïdal, et son pollen ne peut transmettre qu’un chromosome X. Résultat : des graines XX, donc des femelles dans environ 99 % des cas, sans aucune modification génétique.

Le boom du cannabis démarre dans les années 60 et 70, quand quelques aventuriers commencent à développer les premières variétés commerciales. Des génétiques pionnières comme la Skunk ou la Haze ont ouvert la voie, et de nouvelles variétés sont ensuite sorties des mains de grands breeders (les créateurs de croisements).

Pendant une trentaine d’années, les graines de cannabis n’avaient besoin d’aucune étiquette à part le nom de la variété. Avec l’arrivée des féminisées, à peu près au début des années 2000, on s’est mis à parler de graines « régulières » ou « standard » pour désigner les graines de toujours, celles qui donnent aussi bien des mâles que des femelles.

Comment on produit des graines de cannabis

Produire des graines régulières, c’est bien plus simple que produire des féminisées. Il suffit que le pollen d’un mâle féconde les fleurs d’une femelle pour obtenir des milliers de graines. Par contre, pour avoir des graines de qualité, il faut derrière un énorme travail de sélection, de la mère comme du père.

Choisir une bonne mère, c’est le plus facile, parce que ses qualités se voient : goût, arômes, effets, puissance, rendement, résistance. Choisir un bon père, c’est une autre histoire : la plupart des qualités qu’on cherche chez une femelle, on les retrouve difficilement chez un mâle. Et il n’y a qu’en cultivant sa descendance qu’on peut vérifier si le père apporte ce que le breeder cherche.

Les graines féminisées ont été une vraie révolution, pour plusieurs raisons. La plus importante : elles donnent une femelle dans 99 % des cas. Et la sélection est quasiment inexistante, parce qu’en général les banques de graines partent de clones élite à la qualité éprouvée, comme la Critical Mass, la White Widow, la Black Domina, l’Amnesia ou la Cheese.

Graines de cannabis féminisées

Mais c’est quoi, au juste, une graine féminisée ?

Les graines de cannabis féminisées sont produites (sans modification génétique, en inversant le sexe d’une plante mère) pour donner des plantes femelles. Les growers se les arrachent, parce que ce sont les femelles qui font les têtes de meilleure qualité, avec les plus fortes concentrations de cannabinoïdes comme le THC et le CBD.

Les graines féminisées conviennent aussi bien à l’intérieur (indoor) qu’à l’extérieur : elles permettent de mieux contrôler le sexe des plantes et de tirer le maximum du rendement. Avec des féminisées, pas de mâles dans la culture, ces mâles dont on ne veut pas pour les fleurs et qui peuvent polliniser les femelles, ce qui fait baisser la qualité et la quantité des têtes.

Certains growers avancés vont même jusqu’à faire leurs propres graines féminisées, avec des techniques d’inversion du sexe ou de croisement sélectif, pour être sûrs que toutes les graines obtenues soient féminisées. Ça leur donne plus de contrôle sur leur culture et leur permet de garder des variétés précises.

 

Comprendre comment une graine féminisée garantit une femelle, c’est bien plus simple que ça en a l’air.

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Comprendre comment une graine féminisée garantit une femelle est donc bien plus simple que ça en a l’air : pas besoin d’être généticien ni de s’y connaître en génétique. Les plantes de cannabis, comme nous, ont une prédisposition plus ou moins forte à être mâle ou femelle. Ça tient surtout à deux chromosomes, appelés X et Y. Une plante avec deux chromosomes X (XX) sera une femelle, et une plante avec un X et un Y (XY) sera un mâle.

On voit vite que c’est toujours le mâle qui apporte le deuxième chromosome, X ou Y. C’est pareil chez les mammifères, nous compris : c’est le mâle qui décide quel chromosome il transmet. Si c’est un X, la descendance sera femelle (XX). Si c’est un Y, elle sera mâle (XY). Donc, si on arrive à ce que le « père » transmette toujours un X au lieu d’un Y, la descendance sera toujours femelle.

Le cannabis est une espèce dioïque : il y a des pieds femelles et des pieds mâles. Mais ce qui est dingue avec cette plante, c’est qu’une femelle soumise à un fort stress peut produire des fleurs mâles. Sauf que ces fleurs, même mâles, portent des chromosomes XX, parce que la plante reste femelle. Quand on pollinise une fleur femelle avec ce pollen, les graines n’auront jamais de chromosome Y capable de donner un mâle.

Les premières féminisées ont été obtenues en stressant les plantes avec leur environnement, mais les résultats étaient instables. Aujourd’hui, on utilise des techniques de féminisation bien plus fiables, surtout le STS (thiosulfate d’argent) et l’argent colloïdal. Ce dernier se trouve en plus très facilement : avec un peu de motivation et des connaissances de base, n’importe qui peut faire ses propres graines féminisées.

Jeunes plants de cannabis

Quelle différence entre une féminisée et une autofloraison ?

La différence entre les variétés féminisées et les autofloraisons tient à leur génétique et à leur cycle de vie.

Les graines féminisées sont faites pour donner des femelles dans une très grande proportion, ce qui vaut de l’or pour un grower, puisque les fleurs femelles concentrent le plus de cannabinoïdes, comme le THC et le CBD. Les plantes féminisées sont donc idéales pour cultiver du cannabis à usage médical ou récréatif.

Les graines autofloraison, elles, donnent des variétés qui fleurissent toutes seules au bout d’un certain temps, quel que soit le cycle de lumière. Elles ne dépendent pas d’une photopériode précise pour passer en floraison : elles y passent automatiquement, selon leur âge et leur génétique. Leur cycle de vie, du semis à la récolte, est donc plus court, ce qui les rend idéales si tu veux faire plusieurs récoltes dans la saison.