SOPK et CBD : ce que le cannabis peut (ou pas) faire pour les ovaires polykystiques
SANTÉ

SOPK et CBD : ce que le cannabis peut (ou pas) faire pour les ovaires polykystiques

Insuline, poids, anxiété : où en est la recherche sur le CBD et le syndrome des ovaires polykystiques, et pourquoi la dose se règle avec un médecin.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal fréquent chez les femmes en âge de procréer : règles irrégulières, excès d’androgènes (hormones dites masculines), kystes sur les ovaires. Et ça ne touche pas que la fertilité : le métabolisme et l’apparence physique en prennent aussi un coup. Le CBD ne le guérit pas : il est étudié pour certains symptômes, comme la résistance à l’insuline ou l’anxiété, mais les preuves viennent surtout d’études d’observation, de labo ou chez l’animal.

Dans la recherche de traitements plus naturels, le cannabidiol (CBD) est apparu comme une piste intéressante. Étudié pour ses effets anti-inflammatoires, antidouleur et anxiolytiques, il pourrait soulager une partie des galères liées au SOPK.

Plant de cannabis à 48 jours de floraison

Comment le CBD pourrait-il aider en cas de SOPK ?

Le cannabidiol (CBD) est étudié comme une aide possible pour les personnes qui ont un SOPK. Ce composé naturel pourrait contribuer à l’homéostasie, c’est-à-dire l’équilibre interne du corps.

Le CBD pourrait agir sur plusieurs choses que le SOPK dérègle : hormones, neurotransmetteurs, métabolisme et activité neurologique.

Les pistes du CBD pour le SOPK

Insuline et glycémie

L’hyperinsulinémie, un excès d’insuline dans le sang, est étroitement liée au diabète et fréquente chez les personnes qui ont un SOPK.

Une étude d’observation sur environ 4 600 adultes américains a montré que les consommateurs de cannabis avaient une insuline à jeun environ 16 % plus basse et moins de résistance à l’insuline que les non-consommateurs. Ce type d’étude ne prouve pas de lien de cause à effet, et elle a mesuré la consommation de cannabis, pas de CBD ; certains chercheurs avancent que le CBD pourrait être l’un des composés en jeu, en modulant les récepteurs CB1.

Chez l’animal, bloquer ces récepteurs a amélioré la sensibilité à l’insuline, ce qui suggère que le système endocannabinoïde et les récepteurs CB1 jouent un rôle important dans le fonctionnement de l’insuline.

Si ça se confirme chez l’humain, ça pourrait aider à mieux réguler la glycémie et l’insuline, un point clé avec un SOPK ; mais les études sur le CBD chez l’humain manquent encore.

Le poids

Beaucoup de personnes avec un SOPK sont en surpoids, même si les estimations varient énormément d’une étude à l’autre. Ça peut venir de la fatigue qui fait bouger moins, de l’hyperinsulinémie qui pousse à stocker du gras et de prédispositions génétiques.

D’après des études en labo et chez l’animal, le CBD pourrait jouer sur le poids de plusieurs façons :

  • En régulant le fonctionnement des mitochondries, pour mieux brûler sucre et graisses.
  • En réduisant la résistance à l’insuline, pour mieux réguler la glycémie.
  • En diminuant l’appétit, pour manger moins de calories.

Si ces effets se confirment chez l’humain, ils pourraient aider les personnes avec un SOPK à perdre l’excès de poids, ce qui compte beaucoup pour améliorer les symptômes.

Anxiété et déprime

L’anxiété accompagne souvent le SOPK, sans doute à cause du stress de vivre avec et des déséquilibres hormonaux.

Le CBD est étudié pour ses effets anxiolytiques. Dans de petites études en double aveugle contre placebo, une dose unique de CBD a fait baisser l’anxiété, mais avec des doses bien plus élevées que les doses de départ évoquées plus bas.

Dans des études où l’on provoquait l’anxiété en faisant parler les gens en public, le CBD a nettement amélioré les scores d’anxiété par rapport au placebo.

Le CBD semble renforcer l’action du GABA, le principal neurotransmetteur « frein » du cerveau, ce qui pourrait calmer l’hyperactivité cérébrale et limiter les pics d’anxiété.

Boutures de cannabis

Les autres pistes étudiées pour le CBD

Le CBD est aussi étudié pour plusieurs problèmes de santé liés au système endocrinien, comme :

  • Le diabète de type 2
  • La ménopause
  • L’ostéoporose
  • L’obésité
  • L’hyperthyroïdie
  • L’hypothyroïdie
  • Le syndrome prémenstruel (SPM)

Quelle dose d’huile de CBD avec un SOPK ?

Il n’y a pas de dose officielle de CBD pour le SOPK, et la bonne dose varie beaucoup d’une personne à l’autre. Plein de facteurs individuels jouent sur la façon dont le corps métabolise le CBD et y réagit.

Ce qui fait varier la dose de CBD

  1. Le poids : une personne plus lourde peut avoir besoin d’une dose plus élevée pour ressentir les mêmes effets qu’une personne plus légère.
  2. L’âge : il peut jouer sur le métabolisme et sur la façon dont le corps traite le CBD.
  3. Le rapport muscle/graisse : quelqu’un de plus musclé n’aura pas forcément les mêmes besoins que quelqu’un avec plus de masse grasse.
  4. La génétique : elle peut influencer la façon dont le corps métabolise le CBD.
  5. Les enzymes du foie : ce sont elles qui dégradent le CBD, et leur activité varie d’une personne à l’autre.
  6. Les autres problèmes de santé : d’autres pathologies peuvent changer la dose nécessaire.
  7. La digestion : la capacité du système digestif à absorber le CBD n’est pas la même chez tout le monde.
  8. Les médicaments : certains interagissent avec le CBD et changent son efficacité et la dose nécessaire.

Comment trouver la bonne dose de CBD, avec ton médecin

La règle de base : commencer bas et monter doucement, en accord avec ton médecin. Ça permet de voir comment ton corps réagit et d’ajuster. Voici les étapes qu’on retrouve le plus souvent :

  1. Commencer bas : les chiffres qui circulent parlent de 10 à 20 mg de CBD par jour pour démarrer, à valider avec un professionnel de santé.
  2. Monter lentement : on évoque en général des paliers de 5 à 10 mg par semaine, là encore à confirmer avec ton médecin.
  3. Observer : note comment ton corps réagit à chaque palier et tout changement dans tes symptômes.
  4. Ajuster : quand tu trouves une dose qui soulage sans effets secondaires gênants, tu t’y tiens. Si les symptômes persistent ou changent, on réajuste, toujours avec le médecin.

Faut être patiente : trouver la bonne dose peut prendre du temps. Et avant de commencer le CBD, parles-en toujours à un professionnel de santé, surtout si tu prends d’autres médicaments (le CBD peut interagir avec certains médicaments métabolisés par le foie, comme des antidépresseurs, des antiépileptiques et des anticoagulants), si tu as des problèmes de foie ou si tu es enceinte, si tu essaies de l’être ou si tu allaites. Le CBD peut compléter le traitement du SOPK, pas le remplacer.

Cannabis et SOPK : ce qu’il faut retenir

La bonne dose d’huile de CBD varie d’une personne à l’autre, à cause de plein de facteurs. La stratégie la plus sûre : commencer bas, monter doucement et observer comment ton corps réagit. Et l’avis d’un professionnel de santé est indispensable pour que le CBD soit sûr et utile dans ta situation.