Cannabis médical : 8 maladies où il peut aider, et ce que valent les preuves
SANTÉ

Cannabis médical : 8 maladies où il peut aider, et ce que valent les preuves

Douleur, sommeil, VIH, sclérose en plaques, glaucome, cancer, Alzheimer : où en sont les preuves, sans promesses miracles.

PAR Rédaction CosechaLibre4 MIN DE LECTURE

Le cannabis médical, c’est la plante de cannabis, ou les molécules qu’elle contient, utilisée pour soulager des maladies ou des symptômes. Les preuves les plus solides concernent la douleur chronique, les nausées et vomissements de la chimiothérapie et les spasmes de la sclérose en plaques ; pour l’insomnie, le VIH, la dépression, le glaucome ou Alzheimer, les données sont plus minces. C’est en gros le même produit que le cannabis récréatif, mais consommé dans un but médical ou thérapeutique.

La plante de cannabis contient plus de 100 molécules différentes appelées cannabinoïdes. Chacune a un effet différent sur le corps. Le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD) sont les principales molécules de la plante utilisées en médecine. Le THC est responsable des effets psychotropes du cannabis, autrement dit du « high » qu’on ressent quand on en consomme. 

Les preuves les plus nombreuses sur les effets thérapeutiques du cannabis concernent sa capacité à réduire la douleur chronique, les nausées et vomissements dus à la chimiothérapie, et la spasticité, ces muscles tendus ou raides que provoque la sclérose en plaques.

Les cannabinoïdes, les substances actives du cannabis médical, ressemblent à des molécules que le corps fabrique lui-même et qui interviennent dans l’appétit, la mémoire, le mouvement et la douleur.

D’après la recherche actuelle, les cannabinoïdes pourraient : réduire l’anxiété, diminuer l’inflammation et soulager la douleur, contrôler les nausées et vomissements de la chimiothérapie, tuer des cellules cancéreuses et ralentir la croissance des tumeurs (surtout observé en laboratoire), détendre les muscles contractés chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, stimuler l’appétit et favoriser la prise de poids chez les personnes atteintes de cancer ou du sida.

Douleur chronique

Beaucoup de patients se tournent vers le cannabis pour soulager une douleur chronique, et les preuves de son efficacité sont solides. Dans des essais cliniques chez des personnes avec des problèmes de santé très douloureux (lésion de la moelle épinière, VIH, syndrome douloureux régional complexe, cancer, chimiothérapie, problèmes musculaires et articulaires, polyarthrite rhumatoïde et sclérose en plaques), le cannabis a réduit la douleur chez une bonne partie des participants.

Insomnie

En se fixant sur les récepteurs cannabinoïdes des cellules du cerveau, le THC et le CBD pourraient améliorer le sommeil, au moins à court terme, chez les personnes qui souffrent d’insomnie liée à la douleur, à l’apnée obstructive du sommeil, à la fibromyalgie, à la sclérose en plaques ou à l’anxiété.

Sida/VIH

Pour cette maladie, plusieurs études montrent l’intérêt du cannabis en soins palliatifs. Des patients séropositifs rapportent qu’il les aide à prendre du poids, à améliorer leur humeur et leur sommeil, et à gérer la douleur. 

Dépression, anxiété et trouble de stress post-traumatique

Dans des enquêtes auprès de seniors qui utilisent du cannabis médical, la majorité dit que ça les a aidés pour l’un de ces troubles. Pour la dépression, certains patients rapportent une nette amélioration avec des produits riches en CBD, même si les preuves cliniques restent limitées.

Glaucome

Le glaucome est une maladie qui peut faire monter la pression à l’intérieur de l’œil, abîmer le nerf optique et faire perdre la vue. Le cannabis fait baisser la pression intraoculaire liée au glaucome pendant un moment, mais ce n’est pas un traitement de référence pour freiner l’évolution de la maladie.

Sclérose en plaques (SEP)

Les personnes atteintes de sclérose en plaques font partie des plus gros groupes d’usagers de cannabis médical aux États-Unis, juste derrière ceux qui souffrent de douleur chronique. C’est parce que la science a pas mal de données sur la capacité du cannabis à réduire les spasmes musculaires de la SEP.

Douleur liée au cancer

Il y a des preuves que le cannabis peut aider contre la douleur du cancer et contre les effets secondaires des traitements : nausées, vomissements, perte d’appétit et perte de poids. Attention, ça ne veut pas dire qu’il faut s’en servir pour traiter le cancer lui-même, mais plutôt les maux que la maladie provoque. Même si des études montrent des avancées dans ce domaine, la médecine n’a pas encore assez de preuves pour proposer des traitements au cannabis à visée anticancéreuse.

Maladie d’Alzheimer

Les plaques de bêta-amyloïde se collent dans le cerveau des malades d’Alzheimer et entraînent un déclin cognitif progressif. Un article publié dans le Journal of Alzheimer’s Disease a montré qu’en laboratoire, le THC faisait baisser les niveaux de bêta-amyloïde peu de temps après son administration. 

Même si plusieurs études montrent l’intérêt des traitements au cannabis pour différentes maladies ou douleurs, c’est super important de consulter un médecin ou un professionnel de santé avant de te soigner pour l’une de ces maladies, parce que certains médicaments peuvent ne pas être compatibles avec un traitement au cannabis. Tous les corps ne sont pas pareils et ne réagissent pas de la même façon : demander l’avis d’un spécialiste, c’est toujours la meilleure décision.