Cannabis OGM : est-ce que le cannabis transgénique existe vraiment ?
CULTURE

Cannabis OGM : est-ce que le cannabis transgénique existe vraiment ?

Levures qui fabriquent du CBD, brevets sur des plants modifiés, maïs Bt et papaye Rainbow : où en est la génétique modifiée appliquée au cannabis.

PAR Rédaction CosechaLibre6 MIN DE LECTURE

Le cannabis OGM, ça existe ?

Du cannabis transgénique, tu n’en trouveras pas en graines sur le marché : les lois de beaucoup de pays bloquent ce genre de semences. En revanche, des labos produisent déjà des cannabinoïdes avec des levures génétiquement modifiées, et des demandes de brevets pour des plants de cannabis transgéniques ont été déposées. La question se pose d’autant plus que le Cannabis sativa, le nom botanique de la plante qui donne la weed comme le CBD, serait, selon certains rapports, l’une des cultures les plus rentables des États-Unis.

Sélectionner avec soin des plantes ou des animaux pour réduire ou supprimer certains traits et en renforcer d’autres, ça ne date pas d’hier. 

Certains pays, régions et communautés préfèrent interdire les cultures transgéniques, alors que d’autres, surtout les États-Unis, produisent et consomment des aliments perfectionnés en laboratoire.

La sélection, elle, se fait en ce moment même dans l’industrie du cannabis. Et ça a toujours été le cas : c’est en gros le métier des breeders et des banques de graines. Ces dernières années, on peut même fouiller les registres de l’INASE (l’institut argentin des semences) ou la base de données de l’Office américain des brevets et des marques pour trouver des demandes de brevets sur des variétés de cannabis. Autrement dit, des scientifiques, des botanistes et des cultivateurs cherchent la variété star et sont prêts à tout pour la trouver.

Dans presque toutes les industries, cannabis compris, les gros producteurs veulent de meilleures plantes : qui produisent beaucoup, qui résistent bien, qui encaissent les coups et qu’on peut produire en masse. 

Pour créer des versions génétiquement modifiées des molécules du cannabis, les cannabinoïdes, on n’a en fait pas besoin de toucher à la plante elle-même.

Les scientifiques qui travaillent sur le cannabis en labo modifient génétiquement de la levure de fermentation, un peu comme on crée des parfums de synthèse à partir des molécules contenues dans les fleurs, pour copier les brins d’ADN qu’on trouve dans le cannabis. La levure devient une petite usine qui fabrique des cannabinoïdes en laboratoire.

Les molécules du cannabis

Le THC et le CBD sont les deux cannabinoïdes les plus connus, mais la plante contient plus de 100 molécules différentes, dont beaucoup ont à peine été étudiées. Les scientifiques peuvent concevoir le matériel génétique de la levure pour obtenir des propriétés précises, comme un médicament quasiment composé de CBD pur.

Les installations des entreprises qui travaillent sur le cannabis génétiquement modifié ressemblent à un mélange de labo scientifique classique et de microbrasserie « chic », avec de grandes cuves remplies de la levure utilisée pour la modification génétique.

D’après ceux qui l’utilisent, ce procédé pour produire du THC, du CBD et d’autres cannabinoïdes en labo est bien moins cher et plus efficace que de cultiver des plantes.

Selon certains rapports, des entreprises comme Hyasynth Bio auraient déposé des brevets pour une plante de cannabis transgénique qui améliore le rendement et la croissance des graines et pour un plant de chanvre transgénique plus tolérant au sel.

On parle aussi d’autres demandes de brevets pour de nouvelles modifications génétiques du cannabis, parmi lesquelles :

- Un chanvre transgénique plus résistant aux ravageurs.

- Une plante de cannabis transgénique résistante à la chaleur.

- Des plantes de cannabis tolérantes à la sécheresse.

- Une cellule de cannabis transgénique qui modifie la façon dont la plante produit ses acides gras

polyinsaturés.

Recherche génétique sur le cannabis en laboratoire

C’est quoi un OGM ? Quelques exemples

Les transgéniques, qu’on appelle aussi organismes génétiquement modifiés (OGM), sont des organismes dont le matériel génétique a été modifié par génie génétique. En général, on introduit des gènes d’une espèce dans le génome d’une autre pour lui donner des caractéristiques précises.

Les exemples d’OGM en agriculture ne manquent pas. Le maïs Bt, par exemple, a été modifié pour contenir des gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis. Ces gènes codent des protéines toxiques pour certains ravageurs du maïs, ce qui réduit le besoin d’insecticides. Autre exemple : le soja Roundup Ready, modifié pour résister à l’herbicide glyphosate. Les agriculteurs peuvent ainsi pulvériser cet herbicide sans abîmer le soja, ce qui facilite le désherbage.

Le coton Bt est un autre cas de culture transgénique. Il contient des gènes de Bacillus thuringiensis qui le rendent résistant à des ravageurs comme le ver du cotonnier, avec moins d’insecticides à la clé. Il y a aussi la papaye Rainbow, une variété transgénique créée pour résister au virus des taches annulaires de la papaye, ce qui a sauvé la filière.

La tomate Flavr Savr a été l’un des premiers aliments transgéniques vendus. Elle avait été modifiée pour se conserver plus longtemps et rester plus ferme, ce qui facilitait son transport et sa vente. Ce ne sont que quelques exemples : beaucoup d’autres cultures transgéniques sont en développement ou en production dans le monde, chacune avec des caractéristiques adaptées aux besoins des agriculteurs et des consommateurs.

Faut-il cultiver du cannabis génétiquement modifié ?

La question est complexe et chacun la voit à sa façon. Des recherches sont en cours sur la génétique des variétés de cannabis pour améliorer leur résistance aux maladies, augmenter la production et affiner leur profil de cannabinoïdes. Mais cultiver du cannabis génétiquement modifié soulève des questions éthiques, légales et environnementales.

Par définition, un cannabis génétiquement modifié serait bien un OGM, puisqu’on modifie le matériel génétique de la plante. Mais il faut savoir que les graines de cannabis transgéniques ne sont pas vraiment disponibles sur le marché, à cause des restrictions légales dans beaucoup de pays.

Vu le débat autour des OGM en général, il faut peser les impacts possibles sur la santé, l’environnement et la biodiversité avant de décider s’il faut cultiver des variétés de cannabis génétiquement modifiées. Il faut aussi regarder de près le cadre légal et réglementaire qui entoure la production et l’usage de ce type de plantes.

Pour conclure, le débat sur le cannabis génétiquement modifié est en pleine évolution et soulève des questions éthiques, légales et environnementales. Il faut évaluer soigneusement les bénéfices et les risques possibles avant de trancher.

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