
Fumer du cannabis comme thérapie : bonne idée ?
Le cannabis se soigne depuis des millénaires, mais le joint reste la façon la plus sale de le prendre : ce que la combustion fait aux bronches et pourquoi tout se joue à la dose.
Fumer du cannabis n’est pas la meilleure façon d’en faire une thérapie : la combustion envoie goudrons et substances cancérigènes dans les bronches, et chez les gros fumeurs les dégâts pulmonaires ressemblent à ceux du tabac. Le THC peut calmer à petite dose et angoisser à forte dose, donc si usage thérapeutique il y a, ça se joue sur la dose et le mode de consommation. Petit rappel historique : la plante accompagne l’humain depuis plus de 10 000 ans, elle vient d’Asie, et selon la tradition les premières mentions écrites remontent à la Chine et à l’Inde vers 2737 av. J.-C., avec Shen Nung, empereur légendaire considéré comme le père de la médecine chinoise.
Les Égyptiens aussi, dans le papyrus Ebers, reconnaissaient les vertus médicinales du cannabis, y compris en suppositoire contre les hémorroïdes. Et le livre de l’Exode parle d’une huile sainte faite à partir de « kaneh-bosem », que certains chercheurs interprètent comme du cannabis.
Bref, quand on parle des bienfaits de la weed, impossible de passer à côté des différentes thérapies qui l’utilisent.

Fumer son cannabis médical, est-ce une bonne idée ?
La façon la plus classique de consommer du cannabis, c’est l’inhalation, en général en fumant un joint roulé à la maison.
Mais est-ce que c’est bon pour toi ? Peut-on fumer du cannabis médical ? Côté conséquences, la quantité de goudron qui entre dans les voies respiratoires supérieures est environ trois fois plus élevée qu’avec la fumée d’une cigarette du commerce.
Ces joints contiennent aussi plus de benzanthracènes et de benzopyrènes, des substances reconnues comme cancérigènes. Et on fume un joint différemment : des bouffées plus amples, une inhalation environ un tiers plus profonde et une respiration retenue quatre fois plus longtemps, histoire d’en tirer le maximum.
La combustion à haute température, c’est mauvais ?
Certains chercheurs avancent que la température plus élevée à laquelle brûle la weed, par rapport au tabac, pourrait irriter davantage les muqueuses. C’est une hypothèse plausible, pas une certitude.
On a aussi montré que les fumeurs de cannabis ont nettement plus de bronchites, avec davantage de symptômes comme les sifflements et la toux grasse.
D’autres travaux se sont penchés sur les dégâts dans les grosses voies respiratoires : atteintes de l’épithélium (la couche de cellules qui tapisse les bronches), œdème et rougeurs. Dans une étude par biopsie de la muqueuse, une hyperplasie des cellules caliciformes (avec plus de sécrétions), une perte de l’épithélium cilié et une métaplasie squameuse étaient présentes chez 97 % des fumeurs.
Conclusion de ces travaux : fumer du cannabis est associé à une inflammation chronique des voies respiratoires, proche de celle d’un fumeur de tabac régulier.
Fumeur de cannabis ou de tabac : quelle différence pour les poumons ?
Les complications pulmonaires des fumeurs chroniques de cannabis sont comparables à celles des fumeurs chroniques de tabac. On a même estimé que 3 à 4 joints par jour font à peu près autant de dégâts sur les bronches que 20 cigarettes.
Comment le THC agit-il quand on l’utilise comme médicament ?
Le THC est responsable de l’effet psychoactif du cannabis : il se fixe sur les récepteurs CB1 du cerveau, ce qui fait grimper la dopamine.
Classiquement, plus tu consommes de THC, plus tu es perché. Ces dernières décennies, les growers ont sélectionné des variétés de plus en plus chargées en THC. Parmi les effets du THC que les consommateurs trouvent bénéfiques :
- Euphorie
- Créativité
- Appétit en hausse
- Détente
Chez certains consommateurs, plusieurs de ces effets pourraient aider à calmer l’anxiété. Mais chez les débutants ou les personnes sensibles au THC, ça peut au contraire faire monter l’angoisse, à court comme à long terme. Parmi les effets négatifs connus :
- Anxiété
- Parano
- Confusion
- Trous de mémoire à court terme
Comment consommer le THC pour qu’il fasse du « bien » ?
Vu tout ça, le THC est une arme à double tranchant. Beaucoup de consommateurs ressentent un vrai calme avec des variétés riches en THC, quand d’autres voient leurs symptômes empirer.
Certaines recherches indiquent aussi que de petites doses de THC peuvent aider à réduire l’anxiété, alors que de fortes doses l’augmentent. D’où le conseil de privilégier des variétés de puissance faible à modérée.

Bonne nouvelle pour beaucoup : pour éviter les effets négatifs, les banques de graines développent des variétés pauvres en THC et riches en cannabinoïdes non psychoactifs, comme le CBD.
Conclusion : faut-il fumer le cannabis pour en tirer les bienfaits ?
Les études en cours montrent que le THC a une réponse biphasique à la dose. En clair : il produit un effet à petite dose et l’effet inverse à forte dose.
Du coup, il n’y a pas de dose universelle, et l’automédication n’a rien d’un jeu : si tu penses au cannabis pour soulager un problème de santé, parles-en d’abord à un médecin, à plus forte raison si tu suis un traitement ou que tu as des antécédents psy. Et si tu en consommes, la règle ne change pas : petite dose, mollo, et regarde ce que ça te fait. Euphorie ? Détente ? Confusion ou parano ? Anxiété qui baisse ou qui grimpe ? Ce sont ces signaux qui te disent qu’une dose ne te va pas.
La psychothérapie assistée par psychédéliques commence à faire son chemin, et on peut imaginer qu’un jour le cannabis trouve sa place dans une thérapie encadrée par des pros. Pour l’instant, la recherche sur le sujet reste maigre. Une chose est sûre après tout ce qu’on vient de voir sur les bronches : si le but est de te soigner, le joint n’est pas la bonne voie, mieux vaut éviter la combustion et passer par un avis médical.
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